Quand le ministère des Affaires étrangères recrute pour comprendre les enjeux gaziers

Quand le ministère des Affaires étrangères recrute pour comprendre les enjeux gaziers

Le 21 août dernier une attaque au gaz sarin à Damas amorçait un nouveau tournant dans le conflit syrien, qui dure depuis trente mois déjà.

Sans même attendre les résultats de l'enquête de l'ONU lancée le 26 août, le président de la République française François Hollande annonçait sa volonté de partir en guerre une fois les représentants de l'ONU partis – avant d'annoncer l'attente de discussions. Pendant ce temps le Royaume-Uni s'éclipsait et les médias faisaient choux gras de la fameuse "ligne rouge" franchie, dixit Barack Obama. Une "ligne rouge" que le président américain définissait un an auparavant et … peu s'en souviennent apparemment, mais cette accusation portée au régime syrien ne date ni du mois d'août, ni de septembre mais… de juin 2013. Au G8, on s'accordait en effet sur la volonté d'une conférence pour la paix. Pourquoi dans ce cas avoir attendu la nouvelle attaque chimique meurtrière du 21 août ? Gloire médiatique des bons esprits justiciers pour la rentrée ? Attente du sommet du G20 ? De l'ONU ? Mais voilà : l'ONU avait déjà reconnu en mai dernier des attaques chimiques en Syrie. Et, déjà à l'époque, l'organisation ne rendait pas compte du clan dont elles provenaient. De même, les journalistes des JT ne rappellent pas que la fin de l'embargo européen sur les armes, de l'UE plus exactement, fut levé le 28 mai 2013 et autorisait donc les pays européens à fournir des armes en Syrie…à partir de ce mois d'août 2013.

Plus que la paix, l'enjeu est encore entre les mains des puissants, bien plus grand. Coïncidence ? Cette annonce bien peu secrète – parue hier sur le site internet Indeed emploi – en témoigne pourtant : le ministère français des Affaires étrangères recrute un rédacteur sur les enjeux gaziers. Le poste est à pourvoir dès octobre, et ce pour une durée d'un mois. On espère toutefois, étant donné le contenu de l'annonce, que le Ministère en question était déjà bien informé au moment de sa prise de position sur la Syrie, mais aussi face à Poutine. En effet, après le G20, au moment où les présidents se retrouvent à Genève, et à quelques jours du rendu d'enquête de l'ONU, notre gouvernement s'interroge sur les enjeux gaziers et des "grands projets internationaux sur le secteur". Plus spécifiquement, on peut y lire les demandes suivantes :

"▪Suivi de la zone Russie-CEI, des négociations relatives à la Charte de l’Energie, des enjeux de sécurité énergétique, et du volet Energie du G8-G20

▪ Evaluation du potentiel d’investissements étrangers créateurs d’emploi dans le secteur gazier "

Il serait également préférable pour ce poste de parler russe… : un lien peut-être avec le fait que "89% des exportations russes vers la France sont des hydrocarbures, soit 12,3 Mds€ " (source : France diplomatie) ?

Il est vrai qu'en plus de penser à la paix et à la justice pour ces milliers de victimes syriennes, il semble bon de penser aux relations avec nos "amis" russes qui demandent actuellement la destruction des armes chimiques trouvées en Syrie, pays qui se trouve dans une position géostratégique de prestige dans le transit de l'énergie (or noir, gaz naturel) dans la région… Heureusement, le gouvernement se penche sur la question…

Mallorie L.

Image : Sommet du G8, V.Poutine, D.Cameron, B.Obama, F.Hollande au G8 en juin 2013. Les pays font alors un accord a minima sur la Syrie.


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