Une nouvelle manière de créer et partager le cinéma : le projet fou de Train Station

" Train Station suit un homme, Man in Brown joué par 44 acteurs différents à travers le monde. Chaque scène du film montre ce personnage confronté à un choix. Chaque réalisateur réalise une partie du film. Man in Brown, qui est toujours habillé en marron, peut être un homme, une femme, un enfant.

Un réalisateur met en scène son personnage et quand il arrive à la fin de son histoire, un nouveau réalisateur prend le relais pour explorer le thème du film :

"Et si j'avais fait un autre choix… "

 

C'est par un coup de fil, surprenant, et qui ne m'était même pas réellement destiné, que j'ai découvert l'existence de ce projet incroyable : Train Station. C'est le message même du film qui est arrivé jusqu'à moi : rien n'arrive par hasard, et tout est une question de choix – celui qu'on fait en l'occurence. Ni une, ni deux : il faut découvrir ce projet.

25 pays, 45 cinéastes prêts à tout pour réaliser un film unique en son genre.

Une unité d'action, une unité de personnages…à travers les caméras de 25 pays du monde entier, de l'Inde aux Etats-Unis en passant pour le Portugal ou la France. Un message, 25 manières de le représenter. En l'imagineant et en le créant ainsi Collab'Feature, la plate-forme américaine à l'origine du projet, réalise aussi un record : celui du plus grand nombre de réalisateurs, dépassant même le célèbre Paris Je T'Aime ! 

Parmi ces 25 réalisateurs, l'une est française : c'est Ingrid Franchi. J'ai eu la chance de rencontrer Yoann Sover, porteur d'une génération KD2A et touche-à-tout du théâtre à l'opérette en passant par Julie Lescaut, Les âmes câlines ou Jean Moulin. Le comédien et show runner porte ce projet avec Ingrid de A à Z, ils le font vivre de manière transmédiatique. Ensemble, ils ont relevé le défi : écrire, réaliser et produire un long-métrage… en moins de 3 semaines. Rien que pour ça on applaudit et on est bluffé. 

Mais ce qui nous frappe dès qu'on regarde d'un peu plus près le projet c'est son caractère universel en plusieurs manières : universel de par son aspect international bien sûr, par son message – autour d'une certaine idée du destin – mais aussi par sa manière-même d'exister : Train Station est un long-métrage participatif. Par le biais du site de crowdfunding Ulule, l'équipe a tenté de faire l'impossible grâce à l'aide des internautes, cinéphiles, amis, passionnés, philanthropes… Et, qu'on se le dise, la somme demandée en comparaison des moyens techniques, de l'équipe de tournage, du temps et de l'énergie que demande un tournage… s'avère bien dérisoire. Une nécessité avouée de pouvoir rémunérer avant tout l'équipe, " ceux qui portent 200-500 kilos par jour et travaillent dans le froid" comme le dit Yoann. Et il faut imaginer ces 45 cinéastes, ces 45 petites structures qui vont tout donner pour faire vivre ce film sans grand distributeur, sans major.

Le cinéma, pour le cinéma. Une nouvelle manière de le faire exister, de le partager. 

La beauté de ce film se lit déjà dans les regards des deux acteurs sur le banc de leur fameuse gare et dans les images que Yoann Sover et Ingrid Franchi ont voulu partager avec leur donateurs. Une harmonie, une sensibilité, un sentiment fort perceptible en un seul regard, une seule situation. En rencontrant l'acteur principal de la partie française, Yoann Sover qui joue avec Patrick Prejean dans le film, j'ai vite compris que ce n'était pas du chiqué. Ce projet il le représente, il l'incarne : c'est lui, c'est Ingrid, c'est l'humanité.

Le sujet même, "et si on avait fait autrement…", nous fait comprendre qu'on est tous un Monsieur Brown : l'acteur principal de notre propre vie. Mais dans la vie réelle, il nous est impossible de refaire plusieurs fois la même scène, de revenir en arrière : la question de choix est cruciale. Ce film se veut une prise de conscience.

En regardant en arrière, l'acteur Yoann Sover la voit bien cette pensée humaniste : ensemble, en retirant nos oeillères, en s'intéressant à l'autre, en regardant autour, en acceptant de tendre la main, ils ont pu créer ce film.

Et si on faisait ça dans la vraie vie ?

 

Un film qui part d'une idée magnifique, qui n'a pas lésiné sur les moyens techniques, pour une image à la hauteur du propos et pour lesquels ils se sont battus, accrochés à leurs idées.

Ce long-métrage révolutionnaire, bientôt en festival dans le monde entier et diffusé dès l'automne prochain, c'est Yoann Sover qui nous en parle (ici) : il réalise un double challenge, celui d'être à la fois comédien et show runner avec Ingrid, de porter le projet, lui même un véritable défi !

On vous l'annonce déjà : avant même sa sortie, Train Station emballe tellement, l'équipe des Français a été si remarquée, que le projet aura une suite… On ne vous en dit pas plus, mais à Culture Access on est vraiment heureux, et surtout on a hâte de voir ça.

Surtout : on peut encore les aider, alors n'hésitez pas à parler de ce projet, à aller le voir, et à miser car un projet comme celui-ci, on en croise pas quarante sur son chemin dans toute une vie. Il ne leur reste plus qu'un jour : alors c'est le moment ou jamais !

 

Une nouvelle manière de créer et partager le cinéma : le projet fou de Train Station

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