L’Histoire c’est d’Actu : Homosexuel(le)s et Nazisme 1/2

La représentation de l'homosexualité ou encore de l'homoparentalité est au coeur de l'actualité, en particulier celle de ces deux dernières années.

Ce qui n'intéressait qu'une minorité de défenseurs d'égalité, s'est alors positionné au coeur des Français, pour le meilleur et pour le pire. Manif pour l'égalité vs Manif Pour Tous (on en parle de ce nom complètement contradictoire ou pas ?), mariage pour tous, question de l'adoption par des couples de même sexe, prêcheurs du vrai et du faux sur toute une série de lois reliées…

Peine de mort et violences aussi, où les exemples se multiplient côté international notamment en Russie ou récemment encore en Gambie…, questions et débats se trouvent de nouveau soulevés.

Un thème, des actes d'agression et des préjugés toujours d'actualité.

Alors, à l'heure du 70e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz Culture Access vous propose de revenir plus d'un demi-siècle en arrière et de lever le voile sur l'histoire des homosexuel(le)s à l'heure du IIIe Reich, notamment en France. 

Pour ne pas oublier ces quelques 100 000 triangles roses, ces hommes arrêtés par le régime nazi pour être ou "sembler être" homosexuel, et ces milliers de femmes dont le chiffre ne peut être clarifié.

On vous explique tout.

 

Alors que Berlin est permissive : Le retour en force du Paragraphe 175 pour légitimer la chasse à l'homosexuel.

 

L'homosexualité a toujours existé, toujours été connue. Si elle est valorisée dans l'Antiquité, particulièrement en Grèce, elle fut plus généralement réprimée par la suite, vue comme un acte immoral.

Histoire dissimulée, celle des homosexuel(le)s durant le régime nazi fut longtemps occultée. Sa révélation n'est en fait que très récente, grâce à certains témoignages, comme celui de Pierre Seel.

Pourquoi ? Parce que dans bien des pays, au retour des camps de concentration, les homosexuel(le)s pouvaient encore craindre pour leur vie, la peine de mort leur restant appliquée.

 

Si en 1871 sous Otto von Bismarck on signe le paragraphe 175 du code pénal allemand, qui condamne la sodomie et l'homosexualité (et plus largement ce qu'on décrit alors comme des "actes sexuels contre nature"), la République de Weimar, elle, se veut d'une tradition assez tolérante. C'est en 1933, avec les lois nazies, que s'achève cette permissivité atypique.

Pour donner un exemple chiffré plus concret : on compte environ 10 000 et 8000 arrestations, respectivement sous l'Empire et sous la République de Weimar (donc sur 60 ans), alors que le régime nazi, poursuivra plus de 50 000 personnes du Reich pour homosexualité masculine (sur 12 ans).

L'arrivée d'Hitler au pouvoir en 1933 amorce le développement d'une image plus néfaste de l'homosexualité. On ferme les lieux gays. La presse homosexuelle, au même titre que la presse d'opposition, se voit interdite dès le mois de mars : la preuve qu'être homosexuel, c'est s'opposer au régime nazi.

 

Dès 1928 (Putsch, Hitler en prison, écriture de Mein Kampf) une lettre du NSPD – le parti nazi-  est adressée en ces termes aux différentes associations pour les homosexuels : 

" quiconque songe à des amours entre deux hommes ou deux femmes est notre ennemi. Nous refusons tout ce qui émascule notre peuple et fait le jouet de ses ennemis ".

L'ambiance est donnée.

Très vite, les jeunes étudiants nazis et les SA font des autodafés, un mouvement qui s'intègre dans la lutte contre l'Entartete Kunst (l'art dégénéré) propre au régime. 

 

                           

 

L'oeuvre de Magnus Hirschfeld est notamment visée. Sa bibliothèque est même brûlée (ce qui précipite son départ pour Paris puis Nice où il finit ses jours).

Hirschfeld, c'est le premier médecin allemand à étudier la sexualité masculine (et Juif de surcroît, donc tout pour plaire à Adolf). Il est également l'un des principaux défenseurs des homosexuels. Déjà en 1898, avec plus de 5000 personnalités dont Albert Einstein, il lançait une pétition pour l'abrogation du paragraphe 175. 

Rien n'y fera. Le 28 février 1933 une vraie rupture se crée avec la République de Weimar : le décret sur la protection du peuple et de l'Etat suspend les libertés, et permet l'élimination des mouvements d'opposition. La destruction de la scène homosexuelle allemande, perçue comme un danger, peut ainsi être achevée.

L'homosexualité devient un combat du régime, il s'agit d'un véritable acte politique : c'est lutter contre l'Eglise, mais aussi aller dans le sens de la politique nationaliste d'Hitler, qui veut produire une "race aryenne pure".

Le régime nazi, qui joue pourtant sur des ambiguïtés, réprime ainsi les homosexuels de manière à redéfinir de manière brutale la sexualité, et ce, à des fins politiques.

 

La suite ici.

 

Mallorie Lambilliotte – Texte déposé en presse.

Alors que Berlin est permissive… l'arrivée du Paragraphe 175


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