3 musées, 4 expos : le débrief + et – .

 3 musées, 4 expositions. On les a visitées pour vous (et pour nous, oui). 

Les amis, c’est l’heure des + et des -.

1. Musée du Grand Palais, Exposition Elisabeth Louise Vigée Le Brun.

  Ce mois-ci, on a eu un vrai coup de coeur pour les expositions ouvertes par le RMN/Grand Palais (qui comprend également le Musée du Luxembourg) : Fragonard amoureux, mais aussi … Elisabeth Louise Vigée Le Brun, peintre officiel(le) à la cour de Marie-Antoinette. 

C’est la première rétrospective française de l’artiste. 130 oeuvres d’Elisabeth, grande portraitiste de son temps. Issue de la petite bourgeoisie, on découvre le parcours de vie de celle qui parvînt à trouver sa place parmi les plus grands du royaume, du roi et sa famille, mais aussi incroyable témoin de la Révolution et des nobles ainsi chassés, et des cours d’Europe de la fin du 18e comme du 19e siècle. Proche de ses modèles, elle parvient ainsi à leur offrir une image inédite, chaleureuse et bienveillante. Louis XVI lui aurait dit  » Je ne me connais pas en peinture, mais vous me la faites aimer », c’est pour dire !  

Cette grande exposition accompagne le visiteur à rencontrer cette incroyable et talentueuse témoin  de l’histoire européenne à travers ses cours et son destin personnel, notamment sa vie de famille et ses aléas en fonction de l’Histoire. L’artiste elle-même le dit : elle n’a « eu de bonheur qu’en peinture ».

De retour à Paris en 1802, elle est fêtée et saluée après 12 années d’absence. Elle a néanmoins du mal avec ce qu’est devenu le Royaume, ne trouve plus vraiment sa place et part à nouveau quelques années, essentiellement en Angleterre. Après une ascension fulgurante, elle publie ses Mémoires en 1835, et finit sa vie assez seule en 1842.

Mal-aimée des féministes, comme Simone de Beauvoir, pour son regard sur elle-même et la maternité, jalousée par certains hommes artistes, ayant du faire face à l’opposition de certains d’entre eux lors de sa candidature à l’Académie royale, cette exposition au Grand Palais est un coup de projecteur mérité sur une femme artiste qui s’imposa face à la dictature des mâles, et s’illustra malgré les remarques désobligeantes et l’exil.

Quelques clichés de l'exposition Elisabeth Louise Vigée Le Brun lors du vernissage presse / Plus de photos sur notre Facebook / © Culture Access
Quelques clichés de l'exposition Elisabeth Louise Vigée Le Brun lors du vernissage presse / Plus de photos sur notre Facebook / © Culture Access
Quelques clichés de l'exposition Elisabeth Louise Vigée Le Brun lors du vernissage presse / Plus de photos sur notre Facebook / © Culture Access
Quelques clichés de l'exposition Elisabeth Louise Vigée Le Brun lors du vernissage presse / Plus de photos sur notre Facebook / © Culture Access
Quelques clichés de l'exposition Elisabeth Louise Vigée Le Brun lors du vernissage presse / Plus de photos sur notre Facebook / © Culture Access

Quelques clichés de l'exposition Elisabeth Louise Vigée Le Brun lors du vernissage presse / Plus de photos sur notre Facebook / © Culture Access

 

Les + : Contrairement à ce que disent certains magazines sur le web, lors du vernissage presse il n’y avait pas que le beau monde du Figaro. Surtout : l’exposition est loin d’être ennuyeuse. Sauf si, évidemment, on n’apprécie ni l’art, ni les femmes de talent ou de pouvoir. Qu’on soit miso à l’époque c’est une chose, aujourd’hui c’en est une autre.

Le + réside ainsi dans le personnage : la femme, et la femme artiste. Il faut dire que l’accès des femmes à l’Académie royale de peinture et de sculpture, fondée en 1648, était fort limitée. Cette accession donnait pourtant lieu à des commandes royales, ce n’était donc pas qu’un prestige, c’était un honneur et une garantie non négligeables. Les femmes acceptées étaient néanmoins tenues à distances de l’enseignement apporté par l’Académie. En mai 1783, c’est par « ordre exceptionnel » qu’Elisabeth fut reçue. En 1672 déjà, les académiciens jugèrent deux de ses peintures d’une force déjà « exceptionnelle (…) pour une femme ». C’est Louis XVI qui aurait ordonné son admission à l’Académie : le nombre de femmes resta limité à 4…

L’exposition rend hommage aux femmes qu’Elisabeth pu former, mais aussi à sa concurrente : Adélaïde Labille-Guiard, reçue également en 1783 à l’Académie. On se plaît à regarder le perfectionnisme des deux tout au long de leurs carrières, les innovations chromatiques d’Elisabeth, le réalisme moins flatteur d’Adélaïde. 1789 marque une vraie rupture : l’une se doit d’émigrer, l’autre est au service des Révolutionnaires. Toutes deux, à leur façon furent un vecteur de la peinture au féminin, et permirent à d’autres femmes de se lancer dans la vie d’artiste.

Un + également parce qu’Elisabeth Louise aurait été une it-girl aujourd’hui. On aime ses avis, et même ses pics à l’attention de la soeur de Napoléon. Une it girl avant tout car Madame a inventé photoshop et la selfie addiction avant l’heure. C’est un must de l’expo ! Ainsi, on accorde un vrai + pour la première salle qui montre le goût et l’attention de Madame pour la communication par l’image avant l’heure (plein d’auto-portraits pour se faire connaître et reconnaître à travers le royaume puis toutes les cours d’Europe), mais aussi un vrai +  pour les salles du dernier étage (son exil qui nous propose un voyage à travers les mythes mais aussi la mode de l’Europe orientale au début du 19e siècle), en passant par les tableaux mis depuis toujours sous le projecteur et qu’on a enfin le plaisir de voir en vrai (ceux de Marie-Antoinette mais aussi celui de la duchesse de Polignac).

On y va pour le rendu flatteur des étoffes, l’attention portée aux vêtements et textils. On jubile de ce témoin de la mode en son époque ! Le costume a un véritable rôle esthétique dans ses oeuvres, de même que la mise en scène simple et judicieuse pour certains de ses modèles.

Parce qu’il n’y a pas que des portraits de femmes, mais aussi des hommes dont les portraits sont de caractère.

On aime ce voyage d’une nouvelle teneur et d’une délicatesse subtile parmi les figures d’une Europe des plus bouleversées et orageuses.

Le + principal : ces regards ! Mon Dieu ces regards ! Des peintures j’en connais, j’adore ça, j’en ai même étudié un paquet en histoire, comme art, comme source… Des peintures aussi vivantes à l’époque il y en a peu. Ou plutôt des peintures qui ne figent pas, qui en plus d’être vivantes, donnent l’impression d’être témoin d’un moment, d’une émotion partagée non seulement par l’artiste mais aussi par son modèle avec nous. Il y a un sentiment très novateur qui ressort de ces visages. Pensifs, froids, rêveurs, enfantins, parfois déprimés ou rieurs, romantiques, perdus ou insolents. Si la technique fait très Vogue, le regard lui penche vers un reportage dont on ne peut qu’admirer et reconnaître le travail tout au long de l’expo.

 

Les – : A part les prix exorbitants comme toujours de la boutique souvenirs et bibliothèque du Grand Palais, franchement on ne voit pas.

Assez chers sur place, on vous peut vous conseiller pour aller plus loin de lire les Souvenirs d’Elisabeth Louise Vigée Le Brun, femme de lettres également. On vous en reparlera.

 

Exposition Elisabeth Louise Vigée Le Brun au Grand Palais, Galeries nationales. Du 23 septembre 2015 au 11 janvier 2016. Tarifs : de 9 à 13 €. Attention Fermé le mardi / Horaires : Mercredi de 10h à 22h- Les autres jours de 10h à 20h - Fermeture le 25 décembre et Fermeture anticipée à 18h les 24 et 31 décembre L’exposition participe à la Nuit Blanche le 3 octobre : entrée gratuite de 20h à minuit. Adresse : GRAND PALAIS, GALERIES NATIONALES 3, avenue du Général Eisenhower 75008 Paris
Mal-aimée des féministes, comme Simone de Beauvoir, pour son regard sur elle-même et la maternité, jalousée par certains hommes artistes, ayant du faire face à l’opposition de certains d’entre eux lors de sa candidature à l’Académie royale, cette exposition au Grand Palais est un coup de projecteur mérité sur une femme artiste qui s’imposa face à la dictature des mâles, et s’illustra malgré les remarques désobligeantes et l’exil.

 

2. Musée d’Art Moderne, The House of Horrors

   Décédée le 7 mai 2014 à Paris, où elle avait élu domicile, il lui fallait bien un hommage dans la capitale. C’est chose faite grâce au Musée d’Art moderne de Paris qui accueille durant presqu’un an (jusqu’en mai 2016) l’étonnante exposition d’Elaine Sturtevant : The House of Horrors.

Traitée d’imitatrice, accusée de plagiat, elle fut autant admirée qu’incomprise. Si elle reproduit du Pollock ou du Warhol sous son le nom de Sturtevant, elle le fait de mémoire, à l’imperfection, … Son but est de casser une conception de la création selon un principe d’originalité, d’une signature. Bien souvent mal accueillie, à New-York comme à Paris, son art est en réalité plus intellectuelle que matériel, physique ou esthétique. Confondue bien plus tard avec les appropriationnistes après 10 ans d’absence, elle revient sur le devant de la scène au milieu des années 1980. Dès lors elle s’avère incroyable dans l’utilisation de tous les moyens d’expressions et supports pour créer. En 2011, elle reçoit à presque 80 ans, un Lion d’Or.

 

Les + : Surtevant, Sturtevant et encore Sturtevant. 

Le mini prix, et l’occasion de faire un tour au Musée d’Art moderne.

Le principe du train fantôme lugubre qui s’enfonce dans un univers assez glauque, entre Frankenstein, toiles d’araignées, en passant par le travail controversé Paul Mc Carthy et… Divine (Glenn Milstead) l’actrice atypique, drag et trash de John Waters ! Bref, idéal pour voir du fake, mais du fake du 7e art je vous prie. 

Pour les cinéphiles et les amateurs éclairés de la pop culture. 

Pour tous ces clins d’oeil, surprenants, dans le noir. 

Une expérience unique à vivre : on dit oui !

Sturtevant, Sturtevant et encore Sturtevant.

 

Les – : C’est un peu comme à Disneyland, on vous annonce 300 m2 d’art, on s’attend du coup à beaucoup plus et finalement, même s’il n’y a pas l’attente, on en garde 2 minutes de plaisir à peine. Enfin, pour un public non éclairé ou amateur de cinéma, les références peuvent ne pas être comprises, d’où l’intérêt de ce petit article avant. N’hésitez pas non plus à prendre le temps de lire la présentation en bas de l’escalier des horreurs (l’expo commence aux escaliers avec des millieurs de paires d’yeux qui vous espionnent). L’hommage vaut le détour mais : ça ne s’apprécie réellement que si on connaît ou qu’on appréhende le concept un peu avant.

 

The House of Horrors / Sturtevant  Musée d’art moderne de la ville de Paris  
Du 29 mai 2015 au 15 mai 2016 Horaires : Du mardi au dimanche de 10h à 18h – nocturne le jeudi jusqu’à 22h Collections permanentes Tarifs : 2 euros (1 euro en supplément d’un billet expo) 
Adresse : 11, avenue du Président-Wilson – 16e 

Entrée de l'exposition de Sturtevant / The House of Horrors au Musée d'art moderne de Paris / Septembre 2015. © Culture Access

Entrée de l'exposition de Sturtevant / The House of Horrors au Musée d'art moderne de Paris / Septembre 2015. © Culture Access

3. Musée d’Art moderne, Henry Darger.

   Si il a inspiré Le labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro, le groupe de rock anglais Vivian Girls, l’opéra ou encore des créateurs et créatrices comme Anna Sui, je reste finalement assez persuadée que le nom d’Henry Darger ne vous dit pas grand chose. C’est l’occasion d’élargir vos connaissances et horizons artistiques en vous rendant au Musée d’Art moderne. 

Son histoire est touchante, je ne peux pas passer à côté donc je vous la raconte quand même : 

Né en 1892, Henry Darger perd d’abord sa mère à l’âge de 4 ans. Orphelin à 8 ans, traité de fou par ses camarades, il est interné en 1905 au centre Lincoln de l’Illinois connu pour sa sévérité et des méthodes brutales. Henry tente de s’y échapper à plusieurs reprises. Parvenant à s’enfuir, à l’âge de 16 ans il trouve refuge à Chicago, chez sa marraine qui lui trouve un emploi d’homme de ménage dans un hôpital. Un emploi qu’il conservera jusqu’à sa retraite en 1963. Marqué à jamais par les traitements qu’il a reçu, il vit reclus. Durant des années, après son travail, il s’adonne à l’écriture et à la peinture, sans rien dire. Il invente un monde, où il raconte les aventures des petites Vivian Girls : 7 « petites filles » blondes et angéliques qui se battent contre les sanguinaires adultes glandéliniens. Cette histoire il la fait vivre en peinture et dessins : chaque planche, chaque tableau raconte une partie de la rébellion des girls et comprend une légende notée à la main par l’auteur. Quasi biblique par moment, et effroyable dans les moments de sa vie des années 40, on suit l’artiste et ses tourments. Les enfants innocents sont massacrés : on les voit en sang, étranglés, crucifiés, suspendus…

Le truc, c’est que Darger ne sait pas dessiner. Son travail est pourtant d’une incroyable liberté.   Henry décalque des figures dans les journaux et magasines illustrés, il les peint avec de l’aquarelle ou de la gouache, il colle, construit… Peu à peu, le dessin prend le dessus, il y a moins de rapport narratif. La guerre passe. Les héroïnes ( tout comme lui ? ) reviennent à un monde plus insouciant, coloré et presque paradisiaque, peuplé de papillons, de fleurs et de plantes.

Peu de temps avant sa mort, alors qu’il est encore placé (en maison de retraite cette fois), le propriétaire de son appartement y jette un coup d’oeil. Avec son épouse, il découvre les collages, les tableaux extraordinaires, mais aussi une autobiographie en 5000 pages, et … les aventures des Vivian Girls en 15 000 pages !! 15 volumes illustrés à la gouache ! Son titre ? Tout aussi long ! Le « roman » s’intitule : 

The Story of the Vivian Girls, in what is Known as the Realms of the Unreal, of the Glandeco-Angelinian War Storm, Caused by the Child Slave Rebellion (ou L’Histoire des Vivian Girls, dans ce qui est connu comme les Royaumes de l’Irréel et de la violente guerre glandéco-angelinienne causée par la révolte des enfants-esclaves).

L’oeuvre incroyable a été réalisée dans le secret de sa chambre pendant des années. Kioko Larner et son mari photographe Nathan découvre là un véritable potentiel artistique, une oeuvre dont ils ne peuvent se séparer, qu’ils ne peuvent laisser à l’oubli, et on leur dit merci.

Exhibionniste, reclus, balloté de foyers en asiles, sa vie fut malheureuse. C’est d’une pureté saisissante. Les Lerner ont fait don de 45 peintures au Musée d’art moderne : c’est plus qu’un don, c’est un bout de vie que le musée peut ainsi partager, prenant une dimension humaine rare.

Henry Darger / Musée d'Art moderne de Paris. © Culture Access

Henry Darger / Musée d'Art moderne de Paris. © Culture Access

Les + : On y va pour son histoire et son univers hors du commun

On assiste à une véritable art-thérapie, c’est joliment incroyable. C’est une claque onirique.

 L’exposition nous permet de suivre le cheminement de pensée d’un homme qui à peine entré en adolescence avait déjà trop vécu. On s’arrête sur chaque oeuvre, sur chaque collage, sur chaque petit dessin simple pourtant, sur l’originalité mais aussi la signification d’une oeuvre conçue autour de l’image de l’enfant face au monde.

D’une sensibilité rare, c‘est surprenant, naïf, voire amusant parfois. On entre dans un imaginaire détonnant, et on ne veut plus que ça finisse. Le gros point positif de cette expo reste la découverte, ou redécouverte pour certains, de cet artiste qui ne s’imaginait peut-être pas l’être ni le devenir, et de son monde haut en couleurs.

Ça prend aux tripes, ça vous met la larme à l’oeil et ça vous fait rire à la fois. Cette exposition, c’est une trace de vie. Elle est humainement magnifique.

 

Les – : Come on guys !!! Des Vivan Girls avec des organes masculins ! Doesn’t fucking ring a bell to ya ?? Un enfant, des années à l’asile et quand il veut raconter la guerre ce sont des enfants contre des adultes, il les appelle des filles mais ce sont des hermaphrodites ? Alors qu’à la même époque une affaire éclatait à Chicago où des petits garçons placés seraient habillés en petite fille et violés ? Y’en aurait quand même pas mal à dire non ? C’est une véritable facette de l’artiste, son histoire personnelle à travers ses dessins et finalement le musée accorde peu d’allusions, peu d’explications, peu de mise en contexte. L’exposition de cet art brut est… brute. On regrette finalement le peu d’intérêt porté au message de ces différents dessins, si ce n’est la première pièce de l’expo qui explique la vie de Darger, notamment à travers des témoignages poignants. On y va donc pour susciter notre intérêt et éveiller notre curiosité face à un artiste dont la vie vaut la peine qu’on prenne une petite heure, voire moins, de notre temps, pour se pencher dessus. Dépêchez-vous il reste à peine deux semaines, après vous le regretterez, parole de Vivian Girl ! 

 

Henry Darger au Musée d'Art moderne de la ville de Paris 11 avenue du Président Wilson, 75016 Paris Horaires : Du mardi au dimanche, 10h-18h, nocturne le jeudi jusqu'à 22h, fermé le lundi et les jours fériés. Tarifs : 5€ / 3,5€ Attention c'est jusqu'au 11 octobre 2015 ! 

Extraits des oeuvres exposées d'Henry Darger / Musée d'Art moderne de Paris. © Culture Access
Extraits des oeuvres exposées d'Henry Darger / Musée d'Art moderne de Paris. © Culture Access
Extraits des oeuvres exposées d'Henry Darger / Musée d'Art moderne de Paris. © Culture Access
Extraits des oeuvres exposées d'Henry Darger / Musée d'Art moderne de Paris. © Culture Access
Extraits des oeuvres exposées d'Henry Darger / Musée d'Art moderne de Paris. © Culture Access
Extraits des oeuvres exposées d'Henry Darger / Musée d'Art moderne de Paris. © Culture Access

Extraits des oeuvres exposées d'Henry Darger / Musée d'Art moderne de Paris. © Culture Access

4 Musée de la Shoah. Filmer la guerre.

   J’ai gardé mon vrai coup de coeur pour la fin. Explorée en août et adorée, cette exposition est historiquement très précieuse.

Première sur les lieux pour la libération des camps, les images filmées de ces moments et les premières archives filmiques, l’URSS détient le pouvoir des images que nous connaissons aujourd’hui. Seuls les opérateurs de cinéma soviétiques ont le droit de filmer les lieux des plus importants massacres. Qui sont-ils ? Comment l’information peut-elle être détournée ?

Cette exposition nous donne les clefs de la compréhension des contemporains de l’après-guerre de ce qu’il s’est produit dans les camps, de leurs réactions morales et finalement même politiques. Complète, avec tous types de documents et supports à l’appui, des extraits d’archives filmées, d’ancien journeaux télévisés, d’anciens reportages, des extraits de films de cinéma de l’après-guerre et la manière dont ils ont été reçus voir censurés avant même d’exister, des coupures de journaux, des témoignages… 

 » Filmer la guerre. Les soviétiques face à la Shoah » tente de répondre à cette problématique :  » Comment et dans quels buts ont été tournées, montées et projetées ces images en URSS pendant la guerre ? Pourquoi les Soviétiques ont-ils minimisé la spécificité des Juifs parmi les victimes des exactions nazies ? ». Ou comment l’horreur a pu servir la propagande soviétique. Un véritable complément d’information sur la Seconde Guerre Mondiale et son après, qu’il manque certainement à beaucoup. 

 

Les + : Des documents inédits et bouleversants qui mettent en lumière le pouvoir et l’importance du traitement et de la conservation des archives audiovisuelles dans l’histoire, et pour celle-ci. Une exposition riche, émouvante, et pointue qui amène une véritable réflexion à plusieurs voix, et plusieurs niveaux.

Les – : Aucun ! Ça devait s’arrêter bientôt, et il y a même une prolongation jusqu’au 1er novembre, alors, n’hésitez pas ! Si on doit la voir moralement, votre coeur et votre cerveau vous diront merci d’y avoir mis les pieds. Vraiment. C’est dans le Marais – quartier sympa -, c’est gratuit (l’exposition comme le reste du Mémorial), c’est intelligent et c’est un joli combat pour la vérité.

 

​Musée de la Shoah - " Filmer la guerre. Les Soviétiques face à la Shoah". Site internet : cliquez ici. Exposition Gratuite - Prolongations jusqu'au 1er novembre 2016. Bon plan : Visites guidées gratuites de l'exposition les jeudis 8 et 29 octobre 2015 à partir de 19h30 sans réservation préalable. Adresse : 17 rue Geoffroy l'Asnier 75004 Paris.

​Musée de la Shoah - " Filmer la guerre. Les Soviétiques face à la Shoah" / © Culture Access
​Musée de la Shoah - " Filmer la guerre. Les Soviétiques face à la Shoah" / © Culture Access
​Musée de la Shoah - " Filmer la guerre. Les Soviétiques face à la Shoah" / © Culture Access
​Musée de la Shoah - " Filmer la guerre. Les Soviétiques face à la Shoah" / © Culture Access
​Musée de la Shoah - " Filmer la guerre. Les Soviétiques face à la Shoah" / © Culture Access
​Musée de la Shoah - " Filmer la guerre. Les Soviétiques face à la Shoah" / © Culture Access
​Musée de la Shoah - " Filmer la guerre. Les Soviétiques face à la Shoah" / © Culture Access
​Musée de la Shoah - " Filmer la guerre. Les Soviétiques face à la Shoah" / © Culture Access

​Musée de la Shoah - " Filmer la guerre. Les Soviétiques face à la Shoah" / © Culture Access

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