L’AdaWeek s’achève aujourd’hui – Notre top 3 des femmes scientifiques d’exception

 

L’AdaWeek s’achève aujourd’hui. Non pas que ce soit une raison pour arrêter de parler des femmes extraordinaires qui oeuvrent chaque jour dans les métiers de la science, ou même de toutes les femmes, de leurs rôles, de leurs droits, et ce dans le monde entier.

Mais comme promis, on a voulu marquer le coup et mettre un coup de projecteur sur cet évènement cette semaine.

Alors, pour l’occasion, voici notre top 3 de femmes d’exception, scientifiques, parmi des centaines et des centaines. Des femmes bien souvent oubliées de l’Histoire, voire évincées du Prix Nobel de par leur condition féminine.

Désormais, on espère que vous ne les oublierez pas.

Emilie du Châtelet
Emilie du Châtelet

EMILIE DU CHATELET (1706-1749)

Au siècle des Lumières, scientifique avant l'heure, fille du baron de Breteuil puis épouse à 18 ans du Marquis de Châtelet, Gabrielle Emilie le Tonnelier de Breteuil a une chance exceptionnelle : son père lui accorde la même éducation que celle dispensée aux garçons. Elle s'initie ainsi à toutes les disciplines scientifiques en plus d'exceller dans les arts comme le clavecin ou le théâtre. Particulièrement fan des travaux de Newton, elle adore en discuter avec Voltaire qu'elle découvre en 1733, et qui deviendra finalement son amant. Oui, la belle Emilie a aussi ça pour elle : elle parvient à s'émanciper, avec une certaine liberté sexuelle en prime.

Mais qu'importent les histoires de jambe en l'air, c'est surtout son travail avec l'illustre Voltaire qui est intéressant. Ce dernier l'encourage dans ses recherches, mais aussi à la traduction du Principia de Mathematica de Newton, ce qui participe à la notoriété d'Emilie.

Au Café Gradot où les Savants se rencontrent et échangent, elle décide de s'habiller en homme pour chacune de ses interventions. Elle a soif d'apprendre, s'offre des cours particuliers avec les plus grands savants et travaille en autodidacte jusqu'à 10h par jour, alors qu'il est interdit au beau sexe d'avoir accès à une telle éducation. C'est même assez mal vu. Ainsi, en plein 18e siècle, faut dire qu'elle en jette. Impressionnante la Marquise.

Elle publie en son temps Institutions de Physique et Analyse de la philosophie de Leibniz.

Amalie Emmy Noether

Amalie Emmy Noether

AMALIE EMMY NOETHER (1882-1935)

En tant que savante, on la compare à Marie Curie. Ni plus, ni moins. C’est dire qu’il faudrait connaître son nom, et pourtant…

Née en Allemagne, en 1900 Amalie Emmy Noether se voit contrainte de demander à chacun des professeurs de son université (Erlanger) le droit d’assister à leurs cours. La mixité n’est pas autorisée, il lui faut donc une dérogation. Elle ne sont que deux femmes, parmi 986 inscrits. C’est dire le parcours de combattant.

Grande mathématicienne, en 1907 elle soutient une thèse sur les invariants algébriques avant d’être enseignante dans l’Université… au titre de bénévole. Quelques années plus tard, avec le mathématicien David Hilbert qui l’invite à travailler au sein de l’Université de Göttingen, ils doivent tous deux lutter contre les propos misogynes des collègues. Elle reste toutefois bénévole, car le travail universitaire et encore et toujours fermé aux femmes. Qu’importe leur intelligence ou leur légitimité.

Durant cette période, Amalie démontre la loi connue comme « Théorème de Noether », un « moment de la pensée mathématique » selon Albert Einstein en personne. L’algébriste Irving Kaplansky voit lui aussi ses travaux comme révolutionnaires. En 1932, enfin, elle obtient une reconnaissance avec le Prix Alfred Ackermann-Teubner Memorial. Mais, un an plus tard, elle est de nouveau exclue de l’Université. Amalie est juive. Elle immigre aux Etats-Unis, où elle aura le droit d’enseigner, et de donner des conférences à Princeton. En son honneur un cratère de la lune et l’astéroïde 7001 portent son nom

 

AMALY EMMIE NEUTHERLISE MEITNER

ROSALIND FRANKLIN

JOCELYNE BELL

AMALY EMMIE NEUTHER◊

LISE MEITNER

ROSALIND FRANKLIN

JOCELYNE BELL

AMALY EMMIE NEUTHER

LISE MEITNER (1878-1968)

Née à Vienne dans une famille juive, avec ses cinq soeurs, à l’heure où les filles doivent quitter l’école vers 14 ans, elle poursuit jusqu’à l’Université. Son destin est incroyable.

Jeune fille, elle se lance dans des études de physique, de chimie, de botanique, de mathématiques. Puis, totalement passionnée par le travail de Ludwig Boltzmann, elle se consacre à son étude de la physique. Elle va jusqu’au doctorat, où elle obtient les plus grandes mentions et distinctions de ses professeurs. 

C’est avec Stefan Mayer qu’elle commence à s’intéresser de très près à la radioactivité. Lise Meitner est alors reconnu par ses pairs masculins, comme Otto Hahn (suivez-bien, le nommer n’est pas anodin).

En 1917, quand d’autres n’ont aucun droit en sciences, Lise Meitner, prend la tête du département de physique de l’Institut Keiser Wilhem, mais doit le quitter en 1938 avec l’arrivée du régime nazi. Tout comme Amalie, femme et juive de surcroît, elle subit la pression des dirigeants, et s’en va travailler à Stockholm.

Pendant les années 1940, elle fut invitée à la création de la bombe atomique. Elle répondit qu’elle n’aurait rien à faire avec une bombe ! Sur ce point, on admire d’ailleurs les mots qu’elle prononce dans les années 60, alors qu’on commence à s’interroger sur les méfaits de la science et l’utilisation de ses progrès lors de la seconde guerre mondiale et l’implication des scientifiques : « Vous ne devez pas nous blâmer, nous scientifiques, pour ce que des techniciens de la guerre ont fait de nos découvertes« .

Durant toute la période nazie, Lise travaille à la découverte de la fission nucléaire induite avec Otto Hahn. En 1944, l’homme reçoit le Prix Nobel et…ne lui laisse pas une seule part de sa gloire. Bon clairement, il lui a un peu volé le prix. Il ne la cite même pas. Lise Meitner a du génie et de la classe, elle ne le lui reprochera jamais. 

Elle fut ensuite nommée trois fois au Prix Nobel sans le recevoir, mais fut distinguée par une vingtaine de prix. Docteur honoris de plusieurs universités, elle reçut finalement l’intérêt et les honneurs qu’elle méritait de susciter : un cratère de Vénus, un cratère de Lune, l’astéroïde 6999  portent son nom, et, fait extrêmement rare le nouvel élément du numéro atomique fut nommé « meitnerium » en 1977.

 

 

Lise Meitner

Lise Meitner


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s