Halloweek#1 Petite histoire d’Halloween 1/3 (une fête païenne ?)

Halloween, les chapeaux pointus, les sorcières, les films d’horreur, les citrouilles et Jack O Lantern (au départ les navets ou betteraves en réalité), ça vous dit forcément quelque chose. En France, cette fête connaît des vagues de popularité, un coup oui, un coup non depuis les années 90, mais pas seulement puisque les Bretons par exemple l’ont toujours fêtée – on l’ignore bien souvent.

En revanche, particulièrement célébrée en Amérique du Nord et outre-Manche chaque 31 octobre, elle est devenue une véritable tradition, qui perdurerait depuis des siècles. Oui, « perdurerait » car ce qu’il y a de magique avec Halloween (ou  » l’Halloween » pour les Canadiens), c’est cet enracinement païen quasi-mystique qui la caractérise. Sauf que cet enracinement, on va voir que ce n’est pas si simple que ça.

Et oui, Halloween c’est toute une histoire.

#MalloRetourneLActu, let’s do it.

 

Halloween, une fête païenne ?

 

Halloween, c’est la veille de la Toussaint, fête catholique. Or, le nom même d’Halloween est la contraction en anglais de  » All Hallows Eve » ou « The eve of all saints day » c’est-à-dire la veille du jour de tous les saints. En réalité, le mot Halloween s’est répandu à partir du 19e siècle, et il serait né au 8e siècle, époque où la papauté décida d’instaurer la Toussaint le 1er novembre ( et donc la célébration de la veille de la Toussaint par certains peuples et communautés).

Mais d’abord, remontons un petit peu en arrière.

 

L’histoire transmise depuis des siècles nous dit depuis des siècles qu’Halloween serait un héritage païen, plus exactement celui de la fête celtique de Samain : le début de la saison « sombre » (on peut également retrouver l’orthographe de Samhain chez les Irlandais). Bien plus ancienne donc, cette célébration avait lieu dans les actuelles îles britanniques, ou plus exactement les « îles anglo-celtes » mais aussi dans l’ouest de la Gaulle… il y a déjà 2500 ans. Les Celtes fêtaient ainsi l’arrivée de l’automne ou plus historiquement vrai : de l’hiver ; et ce, à une époque où il n’y avait en réalité qu’une seule autre saison : l’été. Et oui, les chanceux, le climat était soit doux soit relou.

Qui dit changement de saison, dit alors nouvelle année. C’est un bilan politique et militaire également. On rendait ainsi hommages aux dieux bien sûr, pour demander une nouvelle année sereine, clémente, mais aussi à tous ceux morts en bataille, durant les campagnes. Les druides font leurs potions, leurs prières, et le peuple s’amuse dans l’ivresse avec de l’hydromel : on boit à l’immortalité. C’est ce qu’il y a de beau, déjà en ce temps, dans la fête de Samain : c’est une fête de l’entre-deux mondes. Entre le « milieu » de saison, le changement d’année, mais aussi entre deux mondes : le monde terrestre, humain, et celui des dieux.

Samain, c’est une passerelle entre les deux mondes. On retrouve aujourd’hui cette idée dans Halloween : une fête communiquante, un entre-deux mondes avant celui de recueillement pur.

Oui, enfin bon, vous allez me dire : «  bah justement Halloween dans tout ça ? parce que là ma cocotte tu nous parles de Sam(h)ain « . J’y viens.

Un chouïa plus tard, au temps de la Rome antique, on célébrait également les morts … divins, les puissants, c’est-à-dire ceux du Panthéon. Chaque 13 mai, on fêtait donc les morts saints. Ça vous rappelle quelque chose ? Ça y est vous me suivez ?

Et bien, d’après certains, quelques siècles plus tard, l’Eglise catholique aurait ainsi décidé d’en jeter un coup aux fêtes païennes. Ça suffit ces gars avec leurs potions magiques et leurs croyances polythéistes. Pourtant, on pourrait également penser, que l’idée aurait simplement été de trouver une fête correspondante, et ayant lieu au même moment, afin de rallier, de rassembler les païens – et éventuellement futurs cathos. Enfin, je dis ça, je ne dis rien.

Quoiqu’il en soit, entre Grégoire III, et plus encore sous le pape Grégoire IV, l’Eglise décala la fête de tous les saints, en faisant réellement la fête de tous les saints, mortels et peuple lambda compris, le 1er novembre. Au 8è siècle, naît ainsi la fête catholique de la Toussaint. Un pied de nez aux païens quoi.

C’est ce qu’on peut historiquement trouver fabuleux : la manière dont on se retrouve encore aujourd’hui avec une fête païenne, ré-appropriée d’un culte à l’autre, ajoutée, mixée.

Seulement voilà, il n’y a aucun élément historique qui permette d’établir un lien réel, une connexion entre Halloween, la Toussaint et le culte païen de Samain.

Pourtant, il y a bien des ressemblances, nous l’avons montré, en particulier avec cette idée de rencontre entre les mondes, entre celui des morts et des vivants, via les immortels notamment.

Et aujourd’hui, cette fête contemporaine d’Halloween continue quoiqu’il en soit à s’enraciner dans ce passé mystico-catho-celtique, ce passé lointain.

Elle y trouve une partie de son récit, de son identité.

 

Petite histoire d'Halloween partie 2 "d'une tradition importée à la dérive des trick or treats" : cliquez ici. Petite histoire d'Halloween partie 3 "Les années 50 ou l'âge d'or d'une fête à la dimension communautaire" : cliquez ici. L'article complet ici.


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