La Petite Revue Hexagonale

 

 

Bonjour à tous !

Ce jeudi, on commence avec notre Petite Revue de Presse Hexagonale (#2). 

Histoire de suivre ce qui se passe chez nous en ce début du mois de novembre, on vous donne quelques clefs… en 6 points (c’est le concept).

Au programme : on s’attarde un peu plus sur cette journée déclarée journée nationale contre le harcèlement scolaire, on parle santé avec le don du sang autorisé sous certaines conditions aux homosexuels, mais aussi environnement, politique, culture et économie. Vous le saviez vous, qu’à partir de cette semaine, les femmes n’étaient plus payées ?  

 

La Petite Revue Hexagonale

1. #NonAuHarcèlement

 

700 000. C’est le nombre de victimes du harcèlement scolaire en France chaque année.

700 000* élèves insultés, violentés mentalement et/ou physiquement, humiliés, moqués, intimidés ou rackettés.    (* Source : Gouvernement / Ministère de l’éducation nationale)

Le gouvernement lance ainsi aujourd’hui la première journée nationale contre le harcèlement scolaire.

Avant tout pour sensibiliser les plus jeunes, élèves de la petite école au lycée, et leur donner les moyens d’oser parler, de lever le tabou sur ce sujet qui concernerait au moins 12% des élèves, le gouvernement a mis en place cette journée du 5 novembre comme journée nationale contre le harcèlement scolaire. Projet de longue date souhaité par la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, cette journée n’est ni un coup de comm, ni un simple projet éphémère de soutien, mais bien une cause nationale. En effet, désormais, chaque premier jeudi après la Toussaint, l’Hexagone se mobilisera contre le harcèlement.

La ministre souligne ainsi lors de cette campagne que  » le harcèlement ne pourra diminuer que si chaque école et chaque établissement met en place un plan de prévention. Il ne s’agit pas seulement de répondre aux situations rencontrées mais bien d’empêcher que des enfants ne soient harcelés en consolidant une politique préventive efficace en lien avec les familles et les partenaires de l’Ecole. Dire « Non au harcèlement, c’est refuser l’oppression conformiste, c’est refuser que la loi du plus fort ne soit érigée en norme. Le harcèlement va à l’encontre des valeurs prônées par l’Ecole de la République (…). »

Des plans d’action, des fiches pédagogiques, des réunions sont prévues à l’attention du personnel éducatif. Bien sûr, les établissements français, ni même le gouvernement, n’ont attendu ce jour pour combattre le harcèlement, mais déclarer ce thème comme journée nationale de mobilisation permet de donner un coup de projecteur à cette lutte, aux différents aspects du harcèlement, et à accorder plus d’importance aux victimes.

Ici à Culture Access c’est un sujet qui, au-delà des violences physiques parfois grave, nous touche particulièrement du point de vue de la psychologie de l’enfant, et de la manière dont ses victimes essaient de se construire, au moment des faits et encore après. Des répercussions terribles chez l’enfant. On soutient donc à 100 % cette cause.

Des critiques lancés à l’encontre d’un clip de prévention réalisé généreusement par Mélissa Theuriau, et soutenu depuis par Najat Vallaud-Belkacem, a cependant entaché cette journée du côté des syndicats et des enseignants. Hors sujet, cliché ou encore méprisant vis-à-vis des enseignants qui sont montrés comme tournant le dos pendant le problème, le clip a mis en colère une partie de l’équipe éducative française. Bien sûr, le harcèlement ne s’arrête pas à ce qui est montré dans le clip. Il est multiple, bien plus sournois et malsain parfois, bien plus caché aussi. Le clip d’une minute se défend pourtant bien de montrer ainsi toutes les formes et les vices du harcèlement scolaire, et explique surtout qu’il a été réalisé en priorité à l’attention des enfants, de manière à être diffusé largement et compris par tous les élèves, ce qui s’est avéré une jolie réussite.

Ici à Culture Access, si on pourrait conseiller au gouvernement de réaliser plusieurs autres petites vidéos pour montrer les différentes problématiques du harcèlement, on trouve toutefois malheureux de critiquer un tel clip et de risquer ainsi qu’on ne parle que de ça ou qu’on puisse dire que le discours est faux. Car, il est juste ce discours. Simplifié, mais juste. Les victimes n’osent pas parler. Par honte, et encore plus par peur de représailles.

Surtout, on se demande qui sont ces gens si critiques, s’ils ont déjà vécu de près ou de loin le harcèlement. Les syndicats se sentent salis ? Ce sont les enfants qui le sont. Les 700 000 enfants (déclarés, car il y en a certainement bien plus) qui connaissent chaque jour le harcèlement à l’école.

Les victimes, nous, on en connaît pas mal. Ce clip les soutient, les amène à réfléchir, peut-être même à franchir le pas, et leur permet de comprendre qu’ils ne sont ni abandonnés, ni incompris de tous. Surtout, elles peuvent ainsi réaliser qu’elles n’ont aucune honte à avoir, et qu’elles pourraient être protégées. Bien souvent, nous avons vu des gens fermer les yeux. À côté de cela, voir une prof qui se retourne pour écrire au tableau nous paraît judicieux. C’est une action connue et banale, que tous les enseignants sont bien obligés de réaliser pour faire cours. Cela ne signifie pas que l’enseignant ferme les yeux ou commet une faute, au contraire. Cela n’est qu’une simple mise en situation, adressée à la compréhension des enfants.

Le ministère défend sa campagne, et nous aussi pour le coup : « le message a été très bien compris (ndlr : par les enfants) : les victimes reconnaissent leur souffrance et les témoins ressentent de l’empathie et veulent aider leur camarade ». « Nous ne pouvons que regretter que certains enseignants puissent se sentir blessés. Un clip d’une minute ne peut pas résumer la complexité de ce phénomène ni le rôle de chacun des acteurs. » « Les professionnels de l’éducation jouent évidemment un rôle fondamental, tant dans la prévention que dans la prise en charge du harcèlement » rappelle le ministère.

=> Pour soutenir le mouvement, vous aussi affichez #NonAuHarcèlement sur les réseaux. Toutes les infos sur cette campagne, et les divers moyens mis à disposition sur le site sont accessibles sur le site du gouvernement. Pour cela, cliquez ici.

 

 

2. Santé

Incitée par l’UE, encore au printemps dernier, la France a finalement accordé l’ouverture au don du sang pour les personnes homosexuelles. Les députés français avaient voté début avril afin de lever cette interdiction. Une annonce faite par Marisol Touraine, ministre de la Santé.

En effet, il était interdit aux personnes ayant des relations avec des personnes du même sexe de faire don de leur sang (on ne parle en fait que des hommes), et ce, depuis 1983, sur la simple base que les personnes homosexuelles de sexe masculin étaient plus souvent concernées par l’atteinte du VIH. Une faute, médicale, humaine et historique qui a fait couler beaucoup de sang, et d’encre depuis (un cas non isolé cependant, les règles états-uniennes sont encore plus strictes, y compris sur l’accès au pays ou encore à l’armée, même s’il y a eu un récent changement sur ce dernier point).

 

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C’était l’une des promesses du président François Hollande. Cependant, ce qui devait rayer de la carte de l’Hexagone une des pires discriminations, ne fait qu’y ajouter une nouvelle de source de stigmatisation et d’incompréhension, voire d’intolérance.

C’était LA bataille des associations de défense des homosexuel(le)s. C’est encore le cas aujourd’hui malgré cette ouverture. Celle-ci s’annonce progressive, par étapes.

L’objet du nouveau débat, de cette critique virulente ? Les conditions de cette ouverture. Une abberration totale, sans aucun réel fondement scientifique.

Marisol Touraine explique ainsi les nouvelles règles pour s’assurer d’une transfusion sans risque (propos rapportés dans le journal Le Monde) :

« Dans un premier temps, le don du sang sera ouvert aux homosexuels n’ayant pas eu de relations sexuelles avec un autre homme depuis douze mois. Les homosexuels pourront donner leur plasma s’ils sont dans une relation stable depuis quatre mois ou s’ils n’ont pas eu de relations sexuelles sur la même période. (…) Les premiers dons nous permettront de réaliser des études et, s’il n’y a pas de risques, les règles qui s’appliquent aux homosexuels seront rapprochées des règles générales l’année qui suit. Dans cette optique, nous allons réécrire les questionnaires à remplir lors d’un don de sang pour préciser les conditions pour les homosexuels, mais également pour les hétérosexuels ayant des pratiques à risques, par exemple avec des prostituées. »

Ainsi, alors qu’il faut 4 mois sans relation sexuelle à une personne hétérosexuelle pour donner son sang, il en faudra 12 à un homme homosexuel. 

S’il est toutefois annoncé que les règles seront peu à peu rapprochées du système général, on se demande comment un tel protocole a pu être imaginé, le simple fait de préciser qu’ils auront le même accès au don en fin de course, annule de ce fait toute crainte médicale et ne mène qu’à l’incompréhension d’une telle décision, sans réelle explication. Les réactions sur la toile ne se sont pas fait attendre (Cf. l’article du Huffington Post qui rassemble les meilleurs tweets). Ici, on a particulièrement adoré celle de l’humoriste Baptiste Lecaplain, rédacteur du jour au Huff Post, hier après l’annonce : 

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Et sinon, en Bref côté santé : l’enquête sur le vaccin Gardasil (contre le cancer du col de l’utérus) a été classée sans suite. C’est à lire ici.

 

3. Politique : Code du Travail, Fraude chez Le Pen et les dernières nouvelles côté Sarko.

 

Et la honte politique matinale est attribuée à … Myriam El Kohmri. Si son nom ne vous dit rien, c’est certainement normal, elle n’est au gouvernement que depuis septembre (enfin tout de même, vous devriez le connaître). Autant dire que les débuts de notre nouvelle ministre du Travail ne sont pas très convaincants. Invitée ce matin sur RMC chez Bourdin, la ministre a reconnu ne pas savoir combien de fois un CDD (contrat à durée déterminée) pouvait être légalement renouvelé. 

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Très vite, ce moment d’interview fait le tour du web. Le PS défend la ministre qui, sereine, répond à BFMTV : « La question, elle n’est pas : est-ce que j’ai appris le code du travail par coeur. (…) Est-ce que je dois réciter le code du Travail pour être compétente? ».

Bah si c’est pas le cas, on a tout de même envie de dire que c’est un peu gênant de le penser, et que oui, ça en ferait pas de mal pour quelqu’un dont la tâche est lourde : la réforme du code du Travail (les axes principaux, à lire ici). En effet, l’interview de ce matin n’est pas un hasard, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé hier cette fameuse refonte du code du travail, qui prendra deux ans et dont le rapport de mission est attendu dans deux mois (une mission confiée à Robert Badinter). Le premier chantier, on pouvait s’en douter, concernera le temps de travail. 

 

La ministre s’est ensuite défendue auprès de BFMTV : « La question, elle est pas : est-ce que j’ai appris le code du travail par cœur. » Et de lancer : « Est-ce que je dois réciter le code du Travail pour être compétente ? » 

Interrogée sur les attaques de la droite et les accusations d’incompétence, Myriam El Khomri a dit être « très sereine » pour mener la réforme du Code du Travail, avant de mettre en cause « le buzz » et le « temps médiatique ».

La ministre s’est ensuite défendue auprès de BFMTV : « La question, elle est pas : est-ce que j’ai appris le code du travail par cœur. » Et de lancer : « Est-ce que je dois réciter le code du Travail pour être compétente ? » 

Interrogée sur les attaques de la droite et les accusations d’incompétence, Myriam El Khomri a dit être « très sereine » pour mener la réforme du Code du Travail, avant de mettre en cause « le buzz » et le « temps médiatique ».

En Bref, les autres nouvelles du petit monde politique : 

Jean-Marie Le Pen du Front National est accusé de fraude fiscale. Le fisc a déposé une plainte, et une perquisition a été menée chez l’ancien président du FN, désormais exclu du parti. Coïncidence ? On verra cela si l’affaire s’avère vérifiée.

Et… Sarkozy. Encore et toujours les affaires de Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui c’est à nouveau celle des comptes de sa campagne 2012 qui refait surface. Le parquet de Paris a en effet décidé d’étendre l’enquête à d’autres dépenses suspectes, en plus de celles liées à Bygmalion. Pour plus de 10 millions d’euros (source judiciaire de l’AFP, ce matin jeudi 5/11/15). Le parquet avait pris un réquisitoire supplétif depuis le 26 octobre, suite à la sollicitation des juges d’instruction. 

 

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4. Ecologie

 
La COP21, cette conférence internationale pour l’environnement et lutter contre le changement climatique, on vous en a déjà parlé et on la suivra tout au moins de décembre (surtout qu’on assistera au Pathway to Paris avec notre adorée Patti Smith & the great Thom Yorke, Bref.).
Seulement si le projet est intéressant, même s’il est déjà annoncé comme insuffisant, il fait déjà parler de lui… et pas qu’en bien.
En effet, depuis hier, le journal France 2 a annoncé que selon ses sources la COP21, qui se déroule à Paris et avait assuré de privilégier le local, tant dans les créations d’emploi que dans le choix des entreprises. Les entreprises du département devaient ainsi pouvoir profiter de la conférence. L’OEIL du 20H sur France 2 a réalisé une enquête, diffusée hier soir lors du JT. Pas moins de 200 travailleurs seraient ainsi des travailleurs détachés et venus d’Europe de l’Est, en sous-traitance.
Pour voir le reportage : rdv ici.
 
Et sinon en Bref côté environnement :
– Toujours sur la COP21, la campagne de communication / le plan de mobilisation « Cop ou Pas Cop? » avec l’association CARE vient d’être lancé. Pour participer et en savoir plus, c’est par ici que ça se passe.
– Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, met toujours en colère les Verts contre le Gouvernement. À lire : l’article de France Inter. (Ndlr : on était à ça du  » les Verts broient du noir  » mais on n’a pas osé).

5. Travail / Economie

Mesdames, à partir d’aujourd’hui, vous n’êtes plus payée. C’est sur cette idée que commençait lundi 2 novembre 2015 les articles de nombreux journaux. 

En effet, selon un rapport de la Commission européenne, le salaire des femmes étant inférieur de 16,3 % à celui des hommes au sein de l’UE, cela équivaut à près de deux mois de travail impayé dans l’année. De quoi ramener le débat sur le devant des projecteurs, et surtout, d’indigner.

 

Le reste des infos côté Economie n’est pas beaucoup plus glorieux : Bruxelles ne croit pas au redressement des comptes publics de la France, et le dernier rapport du Secours Catholique indique une progression de l’extrême pauvreté en France. L’association annonce ainsi que 535 euros serait le salaire médian des 600 000 personnes qu’elle a tenté d’aider au mieux en 2014.

 

6. Culture – Le point sur les Prix littéraires et la Belle action pour un violoniste

 

C’est la saison des prix culturels ! 

Le prix Renaudot a été attribué à Delphine de Vigan pour D’après une histoire vraie (l’article et la critique du Monde à lire ici), juste après que celui du Goncourt soit attribué à Matthias Enard pour Boussole (Cf. l’article du Monde qu’on vous conseille également). Si on apprécie déjà de Vigan, on est curieux de lire Boussole. On vous en dira des nouvelles.

Et enfin, dernière minute : le Prix Médicis (prix étranger) a été attribué au 6e livre de Nathalie Azouai : Titus n’aimait pas Bérénice. Pour celui-ci, on un homme quitte sa maîtresse pour demeurer avec son épouse, malgré l’amour qu’il porte à son amante, l’auteure a puisé chez Racine, et du coup, son personnage aussi dans ce nouveau roman. Nathalie Azouai explique ainsi de son personnage féminin que « (S)i elle comprend comment ce bourgeois de province a pu écrire des vers aussi poignants sur l’amour des femmes, alors elle comprendra pourquoi Titus l’a quittée ».

Sinon, la nouvelle qui nous met en joie aujourd’hui, et du coup on a envie de finir notre revue avec, c’est l’aventure d’un violoniste qui a retrouvé son instrument grâce aux internautes ! Gilles Henry soliste au sein de l’Orchestre de l’Opéra de Paris avait perdu son instrument dans une auto-lib’. 5 jours après la perte de son violon, le musicien lance l’alerte sur les réseaux qui relaient l’info jusqu’à Europe 1. Quelques heures plus tard, le violon est retrouvé. Hi 5 pour Gilles Henry et les internautes.

 

 

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