Une semaine, 4 expos : le débrief.

Une semaine, 4 expos : le débrief.

Cette semaine, nous avons eu la chance d'assister à l'ouverture de quatre expositions parisiennes.

Résultat ? Un gros coup de coeur (et qui dit coup de coeur, dit de projecteur aussi), deux jolies découvertes et une expo bien neutre en tout point.

Culture Access vous fait le débrief avant le week-end.

 Lundi : Musée de l’histoire de l’immigration.

 

 Coup de projecteur sur l’exposition FRONTIÈRES

 

Initialement appelé Cité nationale de l’histoire de l’immigration et ouvert depuis 2007, ce lieu fut à ses origines conçu comme un Musée des colonies. Il n’a été inauguré sous son nouveau nom qu’en 2014 par le président de la République française, François Hollande. 

Alliant histoire et sciences, il est le seul musée national à partager deux siècles d’histoire et de cultures de l’immigration en France. Au final assez méconnu, c’est pourtant un lieu incroyable, qui sait montrer au public d’une manière riche, intéressante et belle à la fois le travail des historiens et des disciplines annexes, scientifiques mais aussi artistiques pour témoigner d’une histoire à plusieurs visages, comportant non pas un mais plusieurs points de vues et d’origines.  Il croise les regards et les sources, rassemble, met en valeur, sauvegarde et rend accessible à tous les éléments nécessaires à la compréhension de l’immigration et de ses visages au cours de notre histoire.

 

Unique, c’est au sein de ce musée que nous avons eu notre coup de coeur culturel cette semaine, avec une exposition inédite : FRONTIÈRES

Une semaine, 4 expos : le débrief.

 

L’entrée en la matière est saisissante : le visiteur est invité à passé de l’autre côté d’un mur pour découvrir le reste. Au premier plan, devant vous : les images filmées à l’aide de téléphones portables de « migrants » sur un bateau lors de traversées. C’est le travail Harragas de Bruno Boudjelal réalisé en 2011, qui tourne en boucle devant vos yeux.

Plus qu’une réflexion sur l’actualité, elle est ludique, complète, esthétique et à visage humain. Si beaucoup d’expositions sont belles, ou intéressantes ou amenant à réflexion, rares sont celles qui combinent tous ces points. Rares sont celles qui ne vous font pas décrocher une seconde. Celles qui vous amènent de l’actualité à la compréhension de celle-ci par l’histoire : un travail d’historien remarquable – et on s’y connaît – rendu compréhensible par tous qu’on tient réellement à saluer ici). Peu savent mêler la réalité et sa dureté à la poésie, à l’art, au photo-reportage, à des témoignages, des objets historiques, et ce dans une logique parfaite, toute en transition.

 

Photos, cartes, créations artistiques, infographies, témoignages écrits et audiovisuels, archives, dessins, objets… Cette exposition c’est 250 objets originaux autour de la question de frontière. 250 objets qui incarnent tantôt l’espoir, tantôt le désespoir. Qui incarnent la politique, celui qui veut traverser, celui forcé de passer de l’autre côté de la ligne, celui qui vit dans un monde clôturé, dans un monde qu’on a décidé de découper, dans un monde où un mur le sépare de sa famille, de soins, d’un travail, d’une vie. C’est aussi l’histoire de ceux qui se font arrêter, et de ceux qui arrêtent. C’est l’histoire de ceux qui ont gagné, et de ceux qui ont perdu. C’est l’histoire d’artistes, d’écrivains, de journalistes, de scientifiques et historiens qui participent à cette réflexion bien actuelle.

Tout nous transporte d’une rive à l’autre, d’un mur à la rencontre de ce qu’il se passe de l’autre côté, du regard de celui qui passe la limite à ceux qui en créent. C’est un voyage avec ceux qui ont été amenés à passer les frontières, ou qui se sont vus du jour au lendemain changer de camp sans pour autant avoir bougé d’un pas. Parcours extrêmement bien construit à travers le monde contemporain mais pas que, Frontières nous propose de suivre un chemin d’apprentissage et de réflexion à travers l’histoire, les conflits, dans un monde où les échanges se multiplient, où l’économie est globalisée, où les frontières ont été de nombreuses fois modifiées, complexifiées. 

 

Paradoxe de l’Europe dont la création a re-dessiné des frontières, construite avec un partage, puis un mur érigé en son coeur, et dont la politique d’ouverture des frontières amène à des problématiques sociales, politiques, humaines, de contrôle et de liberté, d’échanges, de passage, de droits, de militarisation… Ces dernières années, et encore plus récemment avec la question des réfugiés et migrants, le sujet de l’immigration est au coeur des débats et interrogations. L’exposition l’aborde sans pour autant pointer du doigt trop longuement l’actualité, et propose plutôt de multiplier les différentes formes d’immigrations et leur histoire, des deux côtés du tunnel, pour pouvoir avancer au mieux et répondre à toutes les questions de ses visiteurs.

 

Aujourd’hui encore, ce vendredi 13 novembre 2015, l’Autriche a annoncé qu’elle allait installer une clôture de 3,7 km de long à la frontière avec la Slovénie, pour renforcer le contrôle du passage des migrants. Vienne a précisé qu’il s’agira là « d’une clôture simple destinée à marquer clairement la frontière » et non pas d’une « fermeture ». Cette mesure, dont l’UE avait été informée (et nous aussi) est une première entre deux pays de l’espace Schengen. 

L’exposition l’amène subtilement – et à juste titre – et cette mesure le suggère : on se retrouve invité à s’interroger sur la construction physique, érigée, d’une frontière (sous forme de mur, qu’il soit de brique ou de barbelés). 

 

Plus qu’une question de contrôle, ne s’agirait-il pas plutôt d’une forme d’idéologie ainsi communiquée ?

 

Se rendre à l’exposition Frontières c’est ouvrir, et mettre un pas dans le meilleur magazine pouvant traiter du sujet. Elle s’articule autour de trois axes, trois idées, trois notions. La deuxième partie est d’ailleurs consacrée à une Europe des frontières, de la Seconde guerre mondiale à l’espace Shengen en passant par le mur de Berlin et les questions actuelles de nos gouvernements. Avant cela, « Les murs-frontières dans le monde » permettent une meilleure visibilité et une meilleure compréhension des zones-tampons dans le monde ou des véritables murs construits entre les Etats-Unis et le Mexique, entre Israël et la Cisjordanie, ou encore entre les deux Corées. Infographies, photographies, tableaux expliqués, news de journaux, témoignages. Dès le premier chapitre, on a ainsi cette impression d’avoir la chance d’assister à un cours de haute qualité, attractif, clair et dynamique, qui nous guiderait pas à pas. Enfin « Traverser la France » apporte un angle plus serré sur le sujet. 35 pays autour d’elle, incluant les territoires d’outre-mer, notre pays est confronté à de vraies problématiques et réalités migratoires. Des discours improbables, des questions d’identité qui mènent bien souvent au pire, des images de migrants arrivant par centaines, puis entassés, démunis, dans des camps. Critiques, misères, solutions, caricatures, tout y passe.

 

 

Le musée de l’histoire de l’immigration se devait d’apporter des clefs au public sur ce vaste sujet et ses différents enjeux.  Le pari est réussi avec brio. 

 

Histoire d’émotions, de tensions, d’être chers, de séparation en tout ce qu’elle peut signifier, cette exposition est un symbole, des symboles et bien plus encore. Elle est une histoire humaine réelle et terriblement bien réalisée.

 

Frontières est notre coup de coeur.

 

 

 

 

Le + voir de nos propres yeux l’exemplaire imprimé du Traité de Versailles signé le 28 juin 1919 qui redessina les frontières de l’Europe au début du XXe siècle, le témoignage et le travail de Tomi Ungerer, un Alsacien qui s’est vu obligé de « devenir » Allemand au temps de la seconde guerre mondiale. Fin observateur, il nous fait l’honneur de partager ses souvenirs d’enfant subissant la germanisation. Un témoignage touchant et tellement significatif à la fois. On a été admiratif, étonné et subjugué par la création artistique et poétique de Emma Malig « Atlas In Fine II »,  mais aussi le vestige d’une première frontière, les tampons sculptés en bois de Barthélémy Toguo sur les cartes de séjour, les photographies de Gaël Turine et… et tout en fait. Tout est un plus. Plus qu’un devoir et un intérêt de citoyen, croyez-moi c’est le coeur, vos yeux et vos méninges qui vont vous guider au Palais de la porte dorée. Et ils vont adorer.

 

 

 

 

INFORMATIONS Exposition Frontières au Musée d'histoire de l'immigration (Rdv sur le site pour les infos concernant les visites guidées, mais aussi les spectacles thématiques pour enfants, et les projections cinématographiques). Du 10 novembre 2015 au 29 mai 2016 Lieu : Palais Porte Dorée (T3 & métro ligne 8 station Porte Dorée) Horaires : 10h-17h30 mardi-vendredi, 10h-19h week-end Tarifs : 6€, gratuit -26ans et 1er dimanche du mois pour tous
 

L’entrée en la matière est saisissante : le visiteur est invité à passé de l’autre côté d’un mur pour découvrir le reste. Au premier plan, devant vous : les images filmées à l’aide de téléphones portables de « migrants » sur un bateau lors de traversées. C’est le travail Harragas de Bruno Boudjelal réalisé en 2011, qui tourne en boucle devant vos yeux.

Plus qu’une réflexion sur l’actualité, elle est ludique, complète, esthétique et à visage humain. Si beaucoup d’expositions sont belles, ou intéressantes ou amenant à réflexion, rares sont celles qui combinent tous ces points. Rares sont celles qui ne vous font pas décrocher une seconde. Celles qui vous amènent de l’actualité à la compréhension de celle-ci par l’histoire : un travail d’historien remarquable – et on s’y connaît – rendu compréhensible par tous qu’on tient réellement à saluer ici). Peu savent mêler la réalité et sa dureté à la poésie, à l’art, au photo-reportage, à des témoignages, des objets historiques, et ce dans une logique parfaite, toute en transition.

 

Photos, cartes, créations artistiques, infographies, témoignages écrits et audiovisuels, archives, dessins, objets… Cette exposition c’est 250 objets originaux autour de la question de frontière. 250 objets qui incarnent tantôt l’espoir, tantôt le désespoir. Qui incarnent la politique, celui qui veut traverser, celui forcé de passer de l’autre côté de la ligne, celui qui vit dans un monde clôturé, dans un monde qu’on a décidé de découper, dans un monde où un mur le sépare de sa famille, de soins, d’un travail, d’une vie. C’est aussi l’histoire de ceux qui se font arrêter, et de ceux qui arrêtent. C’est l’histoire de ceux qui ont gagné, et de ceux qui ont perdu. C’est l’histoire d’artistes, d’écrivains, de journalistes, de scientifiques et historiens qui participent à cette réflexion bien actuelle.

Tout nous transporte d’une rive à l’autre, d’un mur à la rencontre de ce qu’il se passe de l’autre côté, du regard de celui qui passe la limite à ceux qui en créent. C’est un voyage avec ceux qui ont été amenés à passer les frontières, ou qui se sont vus du jour au lendemain changer de camp sans pour autant avoir bougé d’un pas. Parcours extrêmement bien construit à travers le monde contemporain mais pas que, Frontières nous propose de suivre un chemin d’apprentissage et de réflexion à travers l’histoire, les conflits, dans un monde où les échanges se multiplient, où l’économie est globalisée, où les frontières ont été de nombreuses fois modifiées, complexifiées. 

 

Paradoxe de l’Europe dont la création a re-dessiné des frontières, construite avec un partage, puis un mur érigé en son coeur, et dont la politique d’ouverture des frontières amène à des problématiques sociales, politiques, humaines, de contrôle et de liberté, d’échanges, de passage, de droits, de militarisation… Ces dernières années, et encore plus récemment avec la question des réfugiés et migrants, le sujet de l’immigration est au coeur des débats et interrogations. L’exposition l’aborde sans pour autant pointer du doigt trop longuement l’actualité, et propose plutôt de multiplier les différentes formes d’immigrations et leur histoire, des deux côtés du tunnel, pour pouvoir avancer au mieux et répondre à toutes les questions de ses visiteurs.

 

Aujourd’hui encore, ce vendredi 13 novembre 2015, l’Autriche a annoncé qu’elle allait installer une clôture de 3,7 km de long à la frontière avec la Slovénie, pour renforcer le contrôle du passage des migrants. Vienne a précisé qu’il s’agira là « d’une clôture simple destinée à marquer clairement la frontière » et non pas d’une « fermeture ». Cette mesure, dont l’UE avait été informée (et nous aussi) est une première entre deux pays de l’espace Schengen. 

L’exposition l’amène subtilement – et à juste titre – et cette mesure le suggère : on se retrouve invité à s’interroger sur la construction physique, érigée, d’une frontière (sous forme de mur, qu’il soit de brique ou de barbelés). 

 

Plus qu’une question de contrôle, ne s’agirait-il pas plutôt d’une forme d’idéologie ainsi communiquée ?

 

Se rendre à l’exposition Frontières c’est ouvrir, et mettre un pas dans le meilleur magazine pouvant traiter du sujet. Elle s’articule autour de trois axes, trois idées, trois notions. La deuxième partie est d’ailleurs consacrée à une Europe des frontières, de la Seconde guerre mondiale à l’espace Shengen en passant par le mur de Berlin et les questions actuelles de nos gouvernements. Avant cela, « Les murs-frontières dans le monde » permettent une meilleure visibilité et une meilleure compréhension des zones-tampons dans le monde ou des véritables murs construits entre les Etats-Unis et le Mexique, entre Israël et la Cisjordanie, ou encore entre les deux Corées. Infographies, photographies, tableaux expliqués, news de journaux, témoignages. Dès le premier chapitre, on a ainsi cette impression d’avoir la chance d’assister à un cours de haute qualité, attractif, clair et dynamique, qui nous guiderait pas à pas. Enfin « Traverser la France » apporte un angle plus serré sur le sujet. 35 pays autour d’elle, incluant les territoires d’outre-mer, notre pays est confronté à de vraies problématiques et réalités migratoires. Des discours improbables, des questions d’identité qui mènent bien souvent au pire, des images de migrants arrivant par centaines, puis entassés, démunis, dans des camps. Critiques, misères, solutions, caricatures, tout y passe.

 

 

Le musée de l’histoire de l’immigration se devait d’apporter des clefs au public sur ce vaste sujet et ses différents enjeux.  Le pari est réussi avec brio. 

 

Histoire d’émotions, de tensions, d’être chers, de séparation en tout ce qu’elle peut signifier, cette exposition est un symbole, des symboles et bien plus encore. Elle est une histoire humaine réelle et terriblement bien réalisée.

 

Frontières est notre coup de coeur.

 

 

 

 

Le + voir de nos propres yeux l’exemplaire imprimé du Traité de Versailles signé le 28 juin 1919 qui redessina les frontières de l’Europe au début du XXe siècle, le témoignage et le travail de Tomi Ungerer, un Alsacien qui s’est vu obligé de « devenir » Allemand au temps de la seconde guerre mondiale. Fin observateur, il nous fait l’honneur de partager ses souvenirs d’enfant subissant la germanisation. Un témoignage touchant et tellement significatif à la fois. On a été admiratif, étonné et subjugué par la création artistique et poétique de Emma Malig « Atlas In Fine II »,  mais aussi le vestige d’une première frontière, les tampons sculptés en bois de Barthélémy Toguo sur les cartes de séjour, les photographies de Gaël Turine et… et tout en fait. Tout est un plus. Plus qu’un devoir et un intérêt de citoyen, croyez-moi c’est le coeur, vos yeux et vos méninges qui vont vous guider au Palais de la porte dorée. Et ils vont adorer.

 

 

 

 

INFORMATIONS Exposition Frontières au Musée d'histoire de l'immigration (Rdv sur le site pour les infos concernant les visites guidées, mais aussi les spectacles thématiques pour enfants, et les projections cinématographiques). Du 10 novembre 2015 au 29 mai 2016 Lieu : Palais Porte Dorée (T3 & métro ligne 8 station Porte Dorée) Horaires : 10h-17h30 mardi-vendredi, 10h-19h week-end Tarifs : 6€, gratuit -26ans et 1er dimanche du mois pour tous
 

 

L’entrée en la matière est saisissante : le visiteur est invité à passé de l’autre côté d’un mur pour découvrir le reste. Au premier plan, devant vous : les images filmées à l’aide de téléphones portables de « migrants » sur un bateau lors de traversées. C’est le travail Harragas de Bruno Boudjelal réalisé en 2011, qui tourne en boucle devant vos yeux.

Plus qu’une réflexion sur l’actualité, elle est ludique, complète, esthétique et à visage humain. Si beaucoup d’expositions sont belles, ou intéressantes ou amenant à réflexion, rares sont celles qui combinent tous ces points. Rares sont celles qui ne vous font pas décrocher une seconde. Celles qui vous amènent de l’actualité à la compréhension de celle-ci par l’histoire : un travail d’historien remarquable – et on s’y connaît – rendu compréhensible par tous qu’on tient réellement à saluer ici). Peu savent mêler la réalité et sa dureté à la poésie, à l’art, au photo-reportage, à des témoignages, des objets historiques, et ce dans une logique parfaite, toute en transition.

 

Photos, cartes, créations artistiques, infographies, témoignages écrits et audiovisuels, archives, dessins, objets… Cette exposition c’est 250 objets originaux autour de la question de frontière. 250 objets qui incarnent tantôt l’espoir, tantôt le désespoir. Qui incarnent la politique, celui qui veut traverser, celui forcé de passer de l’autre côté de la ligne, celui qui vit dans un monde clôturé, dans un monde qu’on a décidé de découper, dans un monde où un mur le sépare de sa famille, de soins, d’un travail, d’une vie. C’est aussi l’histoire de ceux qui se font arrêter, et de ceux qui arrêtent. C’est l’histoire de ceux qui ont gagné, et de ceux qui ont perdu. C’est l’histoire d’artistes, d’écrivains, de journalistes, de scientifiques et historiens qui participent à cette réflexion bien actuelle.

Tout nous transporte d’une rive à l’autre, d’un mur à la rencontre de ce qu’il se passe de l’autre côté, du regard de celui qui passe la limite à ceux qui en créent. C’est un voyage avec ceux qui ont été amenés à passer les frontières, ou qui se sont vus du jour au lendemain changer de camp sans pour autant avoir bougé d’un pas. Parcours extrêmement bien construit à travers le monde contemporain mais pas que, Frontières nous propose de suivre un chemin d’apprentissage et de réflexion à travers l’histoire, les conflits, dans un monde où les échanges se multiplient, où l’économie est globalisée, où les frontières ont été de nombreuses fois modifiées, complexifiées. 

 

C’est aussi le paradoxe de l’Europe dont la création a re-dessiné des frontières, construite avec un partage puis un mur érigé en son coeur, et dont la politique d’ouverture des frontières amène à des problématiques sociales, politiques, humaines, de contrôle et de liberté, d’échanges, de passage, de droits, de militarisation…

Ces dernières années, et encore plus récemment avec la question des réfugiés et migrants, le sujet de l’immigration est au coeur des débats et interrogations. L’exposition l’aborde sans pour autant pointer du doigt trop longuement l’actualité, et propose plutôt de multiplier les différentes formes d’immigrations et leur histoire, des deux côtés du tunnel, pour pouvoir avancer au mieux et répondre à toutes les questions de ses visiteurs.

Aujourd’hui encore, ce vendredi 13 novembre 2015, l’Autriche a annoncé qu’elle allait installer une clôture de 3,7 km de long à la frontière avec la Slovénie, pour renforcer le contrôle du passage des migrants. Vienne a précisé qu’il s’agira là « d’une clôture simple destinée à marquer clairement la frontière » et non pas d’une « fermeture ». Cette mesure, dont l’UE avait été informée (et nous aussi) est une première entre deux pays de l’espace Schengen. 

L’exposition l’amène subtilement – et à juste titre – et cette mesure le suggère : on se retrouve invité à s’interroger sur la construction physique, érigée, d’une frontière (sous forme de mur, qu’il soit de brique ou de barbelés). 

 

Plus qu’une question de contrôle, ne s’agirait-il pas plutôt d’une forme d’idéologie ainsi communiquée ?

 

Se rendre à l’exposition Frontières c’est ouvrir, et mettre un pas dans le meilleur magazine pouvant traiter du sujet. La visite s’articule autour de trois axes, trois idées, trois notions. La deuxième partie est d’ailleurs consacrée à une Europe des frontières, de la Seconde guerre mondiale à l’espace Shengen en passant par le mur de Berlin et les questions actuelles de nos gouvernements. Avant cela, « Les murs-frontières dans le monde » permettent une meilleure visibilité et une meilleure compréhension des zones-tampons dans le monde ou des véritables murs construits entre les Etats-Unis et le Mexique, entre Israël et la Cisjordanie, ou encore entre les deux Corées. Infographies, photographies, tableaux expliqués, news de journaux, témoignages. Dès le premier chapitre, on a ainsi cette impression d’avoir la chance d’assister à un cours de haute qualité, attractif, clair et dynamique, qui nous guiderait pas à pas. Enfin « Traverser la France » apporte un angle plus serré sur le sujet. 35 pays autour d’elle, incluant les territoires d’outre-mer, notre pays est confronté à de vraies problématiques et réalités migratoires. Des discours improbables, des questions d’identité qui mènent bien souvent au pire, des images de migrants arrivant par centaines, puis entassés, démunis, dans des camps. Critiques, misères, solutions, caricatures, tout y passe.

 

 

Le musée de l’histoire de l’immigration se devait d’apporter des clefs au public sur ce vaste sujet et ses différents enjeux.  Le pari est réussi avec brio. 

 

Histoire d’émotions, de tensions, d’être chers, de séparation en tout ce qu’elle peut signifier, cette exposition est un symbole, des symboles et bien plus encore. Elle est une histoire humaine réelle et terriblement bien réalisée.

 

Frontières est notre coup de coeur.

 

 

 

Le + voir de nos propres yeux l’exemplaire imprimé du Traité de Versailles signé le 28 juin 1919 qui redessina les frontières de l’Europe au début du XXe siècle, le témoignage et le travail de Tomi Ungerer, un Alsacien qui s’est vu obligé de « devenir » Allemand au temps de la seconde guerre mondiale. Fin observateur, il nous fait l’honneur de partager ses souvenirs d’enfant subissant la germanisation. Un témoignage touchant et tellement significatif à la fois. On a été admiratif, étonné et subjugué par la création artistique et poétique de Emma Malig « Atlas In Fine II »,  mais aussi le vestige d’une première frontière, les tampons sculptés en bois de Barthélémy Toguo sur les cartes de séjour, les photographies de Gaël Turine et… et tout en fait. Tout est un plus. Plus qu’un devoir et un intérêt de citoyen, croyez-moi c’est le coeur, vos yeux et vos méninges qui vont vous guider au Palais de la porte dorée. Et ils vont adorer.

 

 

INFORMATIONS Exposition Frontières au Musée d'histoire de l'immigration (Rdv sur le site pour les infos concernant les visites guidées, mais aussi les spectacles thématiques pour enfants, et les projections cinématographiques). Du 10 novembre 2015 au 29 mai 2016 Lieu : Palais Porte Dorée (T3 & métro ligne 8 station Porte Dorée) Horaires : 10h-17h30 mardi-vendredi, 10h-19h week-end Tarifs : 6€, gratuit -26ans et 1er dimanche du mois pour tous

 

© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.
© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.
© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.
© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.
© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.
© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.
© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.
© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.
© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.
© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.
© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.
© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.
© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.
© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.
© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.
© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.

© Culture Access - Quelques oeuvres exposées au Musée de l'histoire de l'immigration pour l'exposition FRONTIÈRES.

 

Mardi : BEAUTÉ CONGO (1926-2015) / Congo Kitoko

 

 Prolongée jusqu’au 10 janvier 2016, si vous hésitiez encore, n’hésitez plus. BEAUTÉ CONGO est une expo très sympa pour vos mirettes. Plutôt peinture ou photo, spécialiste ou non du continent ou du Congo, intéressé ou non par les arts africains… Beauté Congo c’est une multitude de couleurs. Si vous n’y connaissez rien, pas de problème cette expo est faite pour vous. Elle fait découvrir de nombreux artistes, vous surprend, vous fait rire aussi parfois. Vous reconnaîtrez quelques têtes (d’Obama à Sarko en passant par Mandela évidemment). Vous apprécierez les associations, les contrastes, les reliefs, les collages, le peps, les mots.

A priori tout le monde connaît l’actualité de la République démocratique du Congo. Après avoir obtenu son indépendance du Royaume de Belgique en 1960, et de nombreux épisodes politiques, depuis 2006 la fin du gouvernement de transition de Joseph Kabila a entraîné de nombreux heurts. Violences, inégalités accentuées, violations des Droits de l’Homme. Une image qui doit nous sensibiliser, nous alerter, mais qui ne reflète ni le peuple, ni sa culture. Le Congo a une réelle vitalité et un grand dynamisme culturel. Entre artistes précurseurs et populaires, la peinture est au coeur de l’exposition BEAUTÉ CONGO, qui retrace ce parcours artistique depuis les années 20 et le début de la peinture moderne, mais on y trouve aussi photographies, sculptures et dessins. C’est une jolie découverte qui nous montre la diversité de l’art congolais et qui se déroule encore quelques mois à la Fondation Cartier.

 

Les – : Le prix du billet (10,50 euros ou 7 euros le tarif réduit, quelques cas gratuits), et le fait que le début de l’expo annonce que l’art présent va également contre-carrer une image du Congo véhiculée par les Colons, une image qu’on ne retrouve finalement pas vraiment. On aurait aimé un face à face entre les peintures coloniales produites par des colons, et celles de colonisés (avant la création de la RDC, au moment du Congo belge).

Les + : La découverte d’artistes qui portent un discours haut en couleurs, les jeunes peintres qui témoignent de l’actualité mondiale. On a bien ri devant Kiripi Katembo, on a eu un petit coup de coeur pour JP Mika qu’on va suivre avec un peu plus d’assiduité désormais, idem pour Chéri Chérin ou encore dans un registre totalement différent Mwenze Kibwanga.

 

Fondation Cartier pour l’art contemporain

261, boulevard Raspail

75014 Paris

RER B / Métro Raspail

Plus de photos prochainement sur notre page Facebook.

JEUDI :  DISORDER au MAM

et LUCIEN CLERGUE au Grand Palais.

 

Jeudi on a joué nos vrais aventuriers, on a enchaîné deux vernissages. Pour apprécier l’exposition Lucien Clergue au Grand Palais, peut-être aurait-il fallu qu’on ne commence pas par « Disorder » au Musée d’Art Moderne de Paris. 

Disorder c’est une exposition toute particulière puisqu’elle réunit un petit panel des images de photographes finalistes du Prix Pictet, créé en 2008. Sensibiliser les visiteurs et un public à l’international aux enjeux du développement durable et en particulier à l’environnement, au bouleversement de manière générale, tel est le but de Disorder. Non, ce n’est pas pour autant que vous verrez un ours polaire sur une banquise devenue lac. Les photographes finalistes font dans la subtilité, la finesse. On a admiré l’esthétisme de leurs idées, leur originalité. Un bouquet floral dont on assiste à l’explosion (Ori Gersht), les visages de la guerre civile, de la pauvreté, des ravages du climat et de notre environnement. 

Ouvrant au débat, cette exposition est magnifique. Bien sûr, on a nos préférences, et deux-trois artistes ne nous ont pas forcément emballé. Cependant on a eu là aussi des coups de coeur à suivre (et on vous fait un topo très prochainement sur l’un d’eux) : Gideon Mendel et son projet époustouflant et sincère de « Drowning World », Brent Stirton ou « le désordre dans la nature c’est le fait de l’être humain », Yang Yongliang entre art ancestral et modernité, un paysage glacé qu’on pourrait croire à l’encre de chine, comme on en voit souvent sauf que lorsqu’on s’approche d’un peu plus près on observe comment l’architecture est devenue son pinceau, ou encore Alixandra Fazzina et son regard l’humanité, la pauvreté et la guerre en Afrique.

Entre le reportage frappant, esthétique et le génie original, tous illustrent à merveille la thématique du Désordre. Étonnant, bluffant, pur, beau. À voir.

 

Plus d’infos : www.mam.fr

© Culture Access - Exposition DISORDER @u Musée d'art moderne de la ville de Paris.
© Culture Access - Exposition DISORDER @u Musée d'art moderne de la ville de Paris.
© Culture Access - Exposition DISORDER @u Musée d'art moderne de la ville de Paris.
© Culture Access - Exposition DISORDER @u Musée d'art moderne de la ville de Paris.
© Culture Access - Exposition DISORDER @u Musée d'art moderne de la ville de Paris.
© Culture Access - Exposition DISORDER @u Musée d'art moderne de la ville de Paris.

© Culture Access - Exposition DISORDER @u Musée d'art moderne de la ville de Paris.

 

Presqu’une déception en revanche pour l’exposition « Lucien Clergue : les premiers albums » au Grand Palais. Lucien Clergue (1934-1914) est finalement assez peu connu. Ami de Picasso, Le Monde d’Orphée lui fait découvrir un monde nouveau, tout un univers dont il s’éprend. Lors de l’exposition on trouve énormément de ses photographies : toutes en noir et blanc. La petite histoire, il la raconte dans une des vidéos qui nous sont présentées : alors qu’il va à New York au MoMa pour voir l’oeuvre Guernica, il se voit d’abord obligé de traverser toute une allée de photographies en noir et blanc. Il appelle alors son ami et collègue Rouquette en lui disant que s’il faut traverser tout ça avant de pouvoir regarder LA peinture du maître, c’est que cela signifie quelque chose. Tout commence ainsi. Du moins pour ce qui est de la photo. Il parle aussi de ses relations avec Cocteau, Edward Neston le meilleur dans le domaine selon lui, St John Perse l’opposé de Cocteau à qui il a montré son travail en tant que photographe, Ansel Adams, Wally Bourdet…  

C’est avec plaisir qu’on l’écoute nous parler de sa première exposition « Les Rencontres » qu’il réalise grâce à l’aide Jerome Hill qui lui avait confié pour l’occasion 10 oeuvres de Edward Neston, qui resteront finalement à Arles à la mort de Hill. On a bien sûr un regard accroché aux photographies de Picasso ou d’Orphée, et de toute cette jolie bande d’artistes. On a surtout apprécié ses photos de « gitans ». Il y a de la vie, du réel, une véritable profondeur dans ces photos. Dommage qu’elles n’arrivent qu’à la fin du parcours. On découvre aussi et surtout avec un véritable intérêt son travail pour Arles et la culture dans sa ville natale après que celle-ci fut bombardée pendant la Seconde guerre mondiale. C’est d’ailleurs là tout l’intérêt de ce bonhomme au départ. Premier photographe élu membre de l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France on aurait aimé que l’exposition s’y attarde un peu plus également. Et pourtant…L’exposition n’est pas vivante, les photographies ne sont pas mises en valeur. Elles sont mises bout à bout les unes à côtés des autres sur des murs aux couleurs assez claires, et finalement ne permettant pas de jolis contrastes ou de mises en avant de leur sortie en noir et blanc, dont les thématiques et les angles donnent ainsi l’impression de se ressembler et de s’accumuler tout simplement. L’ouverture de l’exposition, historique, le passage sur les gitans ou la corrida donnent de la vie à tout cela et du contenu, auquel s’ajoutent les vidéos. Mais c’est tout. Ce n’est pas l’hommage le plus vibrant qu’on aurait souhaité. On en a peut-être trop attendu. C’est d’ailleurs avec étonnement et une pointe de déception qu’on a appris lors de la visite que Christian Lacroix, commissaire de l’exposition avec François Hébel, était à l’origine de celle-ci et de sa mise en place. On s’attendait à plus de beauté, plus d’originalité, plus de vie, plus d’hommage, résultat on s’ennuirait presque finalement.

Non vraiment, au prix du billet et même si d’habitude on adore le Grand Palais, ses mises en contexte, ses choix, là pour le coup on vous conseille plutôt de faire un tour sur internet pour connaître Lucien Clergue (car lui, l’homme et le défenseur de l’art il vaut le coup), ou mieux : assister aux rencontres/débat ou aux films du vendredi (Le Testament d’Orphée, un documentaire sur Clergue…).

 

Toutes les infos : ici.

 


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