À défaut d’être réac’, je préfère être réactive. #RésultatsRégionales1erTour

 

 

 

 » Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande.

Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse. »

 

Albert Camus, Discours de réception du Prix Nobel de Littérature, 1957.

À défaut d'être réac', je préfère être réactive. #RésultatsRégionales1erTour

On se lève.

On vote. 

On angoisse à l’annonce des résultats.

On scrute dans la journée le taux de participation, les tendances.

Puis, les résultats tombent.

 

L’envie de vomir vient avec.

 

À l’issue du premier tour, le parti politique du Front National est en tête dans 6 régions. Les listes du parti recueillent même 27,2 % des voix, devançant la droite. Le FN a même attiré la majorité de la jeunesse votante :  35% des 18-24 ans. Le bémol : 2/3 des jeunes n’auraient pas voté. Et oui, c’est malheureux. Ce n’est pas malheureux comme choix, c’est malheureux de ne pas avoir su les atteindre, les intéresser, les faire participer. Le taux d’abstention quant à lui n’est pas non plus à dénigrer : 50,09 % des Français ayant le droit de vote se sont abstenus.

 

Les statuts défilent, les partages d’articles aussi.

 

On se dit qu’on l’avait prédit pourtant, qu’on avait prévenu. Arrivent avec le choc, les propos violents, haineux… contre un parti plein de haine. Viennent les réflexions, le dégoût, et les réponses à chacun. Vient le fameux moment de trouver le ou les coupables : presse, médias, politiques, abstentionnistes, ignorants, faibles d’esprit … Chacun y va de son commentaire. Chacun en prend pour son grade. Alors que la vraie réflexion, celle qu’on a déjà adoptée depuis longtemps, c’est sur le pourquoi du comment, les raisons de ce vote, les raisons du scrutin, de l’absence, de comment on a su ou non intéresser, faire réagir, comprendre, de comment le FN a monopolisé les unes et articles des médias le posant comme quasi unique parti aux Régionales avant mêmes les résultats. Même si on continuera de le partager, de l’expliquer, force est de constater qu’il n’a pas suffit de dire que voter FN, c’était voter contre la République, contre la démocratie, contre la pluralité des idées, des cultures, contre l’égalité, contre l’égalité, contre la liberté, contre la fraternité.

 

Hier et encore aujourd’hui j’ai mal.

 

Depuis ce matin, je tente de comprendre, et j’essaie de répondre au mieux sans juger personne.

 

Premier petit billet d’humeur pour l’occasion et réponse à ceux qui peuvent critiquer sans fondement, réflexion ou tolérance.

 

À défaut d’être réactionnaire, je préfère être réactive.

 

Je suis fière d’être citoyenne française, de connaître l’histoire de notre pays, notre histoire, de connaître les conséquences de certains actes.

 

Je suis fière de pouvoir participer à un débat démocratique, de le maintenir comme démocratique, de pouvoir lutter, pour mes proches, pour le peuple, pour les opprimés, pour ceux qui ne peuvent pas s’exprimer.

 

Fière de pouvoir ouvrir ma gueule, apprendre des autres, découvrir.

 

Je suis fière d’avoir le droit de vote,  et de l’utiliser à bon escient j’en suis sûre.

 

Je suis fière d’être dans un pays où on peut avoir le choix de se lever ou non.

 

Je ne cracherai pas sur les abstentionnistes du premier tour, c’est un choix qui a sa signification. Je trouve le vote blanc plus fort c’est tout.

 

Je suis aussi fière d’être dans un pays où j’ai encore le droit de dire que s’il y a le FN dans votre région au 2nd tour c’est une bien plus belle erreur de ne pas aller voter, et que plus qu’un droit cela serait plus que jamais un devoir que de se rendre au bureau de vote. 

 

Si dimanche prochain le peuple, en toute démocratie vote pour la haine, il faudra l’accepter. Mais cette partie du peuple aura été biaisée, trompée. Et ça, je me le refuse. J’ai la chance d’avoir des connaissances et de savoir les partager. J’ai travaillé pour. Je continuerai de dire, d’expliquer, de gueuler, de dénoncer, de trouver des solutions. Je continuerai de voter pour ceux qui ne savent pas comment, ceux qui ne veulent pas, et ceux qui ignorent. Pour que tous ces gens-là, demain, aient encore le choix de voter ou non.

 

Aujourd’hui, le destin m’a amenée à avoir rendez-vous devant l’Assemblée nationale.

Pour moi, ça veut dire beaucoup.

 

Aujourd’hui je ne mène pas simplement un combat citoyen.

 

Aujourd’hui je ne m’arrêterai pas à rendre l’information et la culture accessibles à tous : j’irai encore plus loin.

 

Aujourd’hui : j’entre en résistance.


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