Et si on se faisait un ciné ?

Et si on se faisait un ciné ?

Bonjour les Culturiens ! 

Qui dit mercredi dit cinéma, et aujourd’hui on vous fait un débrief rapide autour de nos trois coups de coeur de ce dernier mois.

Si vous allez voir l’un de ces films ou si vous voulez nous donner votre avis sur un des prochains porté à l’écran, n’hésitez pas à nous laisser des commentaires sur les réseaux sociaux, on adore partager avec vous.

Et si on se faisait un ciné ?

Le film qui nous prend aux tripes : The Revenant.

(ou #GiveThatManAnOscar)

On souffre, on geint, on gèle, on s’accroche, on se bat…on survit pas à pas avec Glass, le trappeur interprété par Leonardo DiCaprio dans ce dernier film d’Alejandro Gonzales Inarritu (Birdman).

Le film raconte l’histoire de Hugh Glass, trappeur américain abandonné par les siens dans une terre encore sauvage du Dakota du Sud. Ça, c’est l’histoire vraie qui a inspiré Inarritu. Entre le film sensationnel et d’aventure, The Revenant est avant tout un film initiatique, un film de survie qui confronte l’humanité à la toute puissante nature.

Grièvement blessé par une ours – une scène intense bien que l’ours ne soit franchement pas des plus réussis il faut se l’avouer – qui protège ses petits, Hugh qui connaît parfaitement cette jungle est dans un premier temps secouru par « les siens ». Très vite, les hommes commencent à trouver la tâche trop difficile. Trois d’entre eux, dont son fils à moitié indien, restent à son chevet en pleine forêt. Là, après avoir tué son fils, un des trappeurs décide de l’enterrer vivant et de l’abandonner. Incapable de parler ou même de bouger, sans défense, il est abandonné et laissé pour mort. Commence alors une incroyable histoire de survie et de vengeance.

On a eu la chance de le voir il y a presqu’un mois en avant-première grâce au Forum des Images, et il a définitivement marqué nos esprits.

D’une beauté glaçante (mention spéciale aux images de Lubezki et aux magnifiques plans séquence), ce chef d’oeuvre nous retourne l’estomac, le coeur et l’esprit à la fois.

Peu de dialogue, c’est certainement ce qui fait la force de ce film. Inarritu réussit pendant plus de 2h30 l’incroyable défi de nous raidir et nous tenir en haleine jusqu’au bout.

Bien plus qu’un simple spectacle qui serait taillé sur mesure – comme certains de Libé ont pu le dire – Inarritu a ici le génie d’utiliser les sentiments les plus animaux, les plus primaires de l’homme : l’instinct de survie, mais aussi l’amour, la protection de sa famille. Pas un hasard si c’est une ourse protectrice qui attaque le trapeur au début du film. Au cours de celui-ci, c’est l’homme qui devient ours. Et c’est brillant.

La violence, la douleur, la solitude et la rage crèvent l’écran avec un Leonardo DiCaprio plus habité que jamais. Et pour cause, avec un tournage à – 40 ° dans une jungle hostile l’équipe a vécu plusieurs mois dans les situations bien complexes et éreintantes des trappeurs du 19e siècle. Leo n’est pas en reste. Pour interpréter cette nouvelle légende américaine (oui Hugh Glass fait partie du folklore, incarnant l’esprit des pionniers et grands aventuriers) l’entraînement et le jeu de l’acteur ont pris une dimension quasi masochiste. Dormir dans une carcasse, manger de la viande crue à pleine dents (il en vomit pour de vrai à l’écran), Leonardo DiCaprio ne s’est donné aucune limite : le prix à payer pour avoir une telle pureté dans le jeu et l’image. Et ça marche. On sent sa peur, son esprit de revanche, sa sueur, son sang, ses larmes. On vit sa quête, son acharnement, son envie de vivre.

Un film ambitieux, sincère, démentiel. Un film qui prend aux tripes.

 

Et si on se faisait un ciné ?

Le film (d’animation) qui fait du bien : Zootopie.

On change complètement d’univers avec le dernier Disney qui remet les animaux à l’honneur

Quand ça ne va pas, allez voir un Disney. Et quand ça va…allez voir un Disney aussi.

Parmi les classiques, celui-ci est très certainement l’un des plus comiques et modernes qu’on ait pu voir. Vraiment.

Vous avez certainement déjà croisé Flash le paresseux (photo ci-dessus), et cette scène déjà mythique qui figure dans la bande-annonce. Le passage est à se passer en boucle. Les réalisateurs avaient peur d’utiliser LE gag principal et heureusement, on vous le dit :  c’est loin d’être le seul !

Ce film d’animation est incroyablement drôle en plus d’avoir une ambition sociale et morale.

Zootopie est une ville ultra-moderne, dans un monde contemporain haut en couleurs.  Pour incarner la diversité de ses habitants, les réalisateurs ont choisi deux personnages pour porter l’histoire à l’écran : Judy Hopps une ambitieuse petite lapine – très futée – fraîchement diplômée de l’école de police, et un renard un peu voyou, fourbe et bien malin. Un duo invraisemblable, qui semble antagoniste… Une proie et un prédateur. Là est le propos du film. 

Si Zootopie est imaginée pour que chaque protagoniste puisse y vivre selon sa morphologie sans être embêté, il s’agit surtout d’une ville où proies et prédateurs vivent en harmonie… Enfin…c’était le cas jusqu’à maintenant. 14 animaux sont portés disparus, et notre lapine va devoir faire ses preuves… 14 animaux « prédateurs » qui reviennent à l’état sauvage pour une mystérieuse raison… On est amené à suivre nos deux compères à travers plusieurs décors : du désert à la jungle, en passant par un quartier polaire, celui encore de petits rongeurs, et une cité bien urbaine. En même temps qu’on partage leur(s) aventure(s), on fustige les préjugés, on enseigne et apprend la tolérance. Un film apologue où les animaux nous convient à être plus humains.

Surprenant, Zootopie plaira également aux adultes avec plusieurs clins d’oeil : du Parrain version petit rongeur à Breaking Bad et son labo, croyez-nous : vous allez adorer. Le rythme est incroyable, l’univers bien pensé.

Un film adorable, plein de rebondissements, qui va de surprises en surprises jusqu’à la fin : on dit oui ! Ajoutez à cela tous les petits détails qui font d’un Disney un Disney, une dose de magie et pas mal d’espoir – pensez à poursuivre vos rêves et à y croire, « vous pouvez devenir ce que vous voulez » – , Zootopie est un film qui fait du bien.

À voir en VO ou en VF, et à revoir également.

Et si on se faisait un ciné ?

Le film qui nous plonge complètement au coeur d’un des plus grands scandales de notre époque : Spotlight.

(oui on n’a pas trouvé comment faire plus court)

Avec Spotlight, c’est une véritable immersion dans le monde du journalisme d’investigation que nous propose Tom McCarthy.

L’histoire est réelle, et connue, aussi on ne s’attardera pas trop sur le fond ni même la forme afin de vous laisser redécouvrir l’un des plus grands scandales du XXe et XXI eme siècle.

Nous sommes en 2002, le Boston Globe et son équipe spéciale investigation révèle un monument : une affaire de viols sur mineurs par des prêtres pédophiles et … jamais inquiétés.

Parmi les protagonistes, le Cardinal Bernard Francis Law, l’une des plus influentes personnalités de Boston à cette époque. Une influence plus que spirituelle : politique et décisionnaire.

Retour sur une affaire qui a ébranlé les fondements de l’Eglise catholique.

À l’origine de celle-ci : l’équipe de Spotlight qui, avec l’arrivée d’un nouveau patron au Boston Globe qui veut redonner sa place à l’enquête, et perturber la routine au sein du journal. L’équipe rouve alors un dossier épineux : celui des prêtres pédophiles.

Privilégiant le fond, le réalisateur fait le choix de ne pas s’attarder sur la vie de l’équipe mais bien de se centrer sur l’enquête en elle-même. Néanmoins, on s’attache et on comprend chacun dans cette affaire. On l’avoue, on a avant tout été scotchés par Mark Ruffalo qui interprète le journaliste Mike Rezendes, complètement obstiné, impliqué et passionné par l’histoire et sa résolution. Reporter humain, qui ne lâchera rien. On y croit : le grand écran disparaît pour nous laisser vivre l’enquête à travers et au coeur du quatrième pouvoir. Car toute la puissance de Spotlight réside peut-être dans ce fait réel : ce ne sont ni la police, ni les services de protection de l’enfance et encore moins l’église qui ont aidé à comprendre, dévoiler cette affaire et à rendre justice. C’est le quotidien du Boston Globe, propriété du NY Times.

Pas de rythme trop travaillé, pas d’images incroyables, mais une esthétique bien rétro et particulière. Pas de fioritures. On avance au rythme de l’enquête, du porte-à-porte avec les victimes, des dossiers d’archives qui s’empilent et s’ouvrent peu à peu. Entre confrontations inévitables et jeu de pouvoir entre médias et une église corrompue protégeant ceux qui abusent de leur pouvoir pour violer impunément, Spotlight est une ode au journalisme et à l’engagement corps et âme de reporters incroyables.

Rûdement bien mené et incarné par toute l’équipe, le film est vivant, le résultat impressionnant.

 


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